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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 14:53

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Nous sommes des mammifères. Des créatures au sang chaud, ayant la capacité d'allaiter leurs petits.

Quand j'observe un très jeune bébé, né à terme, je ressens très profondément la notion d'inné. Dans un certain sens, je trouve qu'on dirait un petit animal. Ce petit homme, à peine sorti du ventre de sa maman, sait déjà comment téter, comment rechercher la protection maternelle, s'enfouir, se blottir... Il sait appeler, produire un son qui fera venir la personne prenant soin de lui. Il ressent les sentiments des adultes l'entourant, sans même en connaitre la dénomination, et y répond à sa façon. (Qui n'a jamais vu un bébé hurler sans raison apparente, alors que sa maman est stressée à côté de lui?)

Peut-on avoir des doutes sur la conservation de l'instinct chez l'être humain en observant un nouveau-né?

Avant de devenir mère, je me posais aussi la question. J'avais toujours entendu dire que l'instinct maternel n'existe pas, et qu'il faut apprendre à devenir mère. Sans avoir vécu de grossesse, d'allaitement, et sans avoir d'enfant, on ne sait  pas vraiment à quoi s'attendre de ce côté-là.

"On ne nait pas mère, on le devient" (1).

J'ai un avis mitigé sur la question.

En fait, les êtres humains ont plus de mal à se connecter à leur instinct que les autres mammifères, du fait de leur mental surdéveloppé, qui prend souvent le dessus. En réfléchissant, en analysant trop, on s'empêche de "sentir" et de suivre notre instinct. 

Il existe effectivement des mères qui ne peuvent pas allaiter leur enfant, ne savent pas, ne se sentent pas "mère". C'est une situation très difficile à vivre, pour elles.

J'y vois plusieurs cas de figure :

1.) Celles qui ne savent pas comment revenir à leur instinct.
2.) Celles qui ont vécu un traumatisme dans leur enfance.
3.) Celles qui ne souhaitaient pas être mères.
  
Les différentes raisons peuvent être entremêlées.

Cependant, cela ne signifie pas que l'instinct maternel n'existe pas chez les humaines. Et cela ne veut pas dire non plus que ces femmes qui ne se sentent pas mères, à un moment particulier, ne parviendront pas à se reconnecter à leur instinct maternel.

La phrase "on ne nait pas mère, on le devient", a tout de même du vrai : avant d'avoir des enfants, et selon le stade de leur développement, on apprend énormément de choses que l'on ignorait auparavant. Il y a beaucoup de compétences qui tiennent de l'acquis et de l'expérience, quand on devient parent. 

Grossesse et instinct ?

Au cours de la grossesse, on observe son corps de transformer et prendre en charge une nouvelle fonction sans que l'on ait la moindre action volontaire à entreprendre. On réalise que notre nature première nous échappe totalement, alors que dans la vie de tous les jours, nous étions trop blasés pour nous en rendre compte.

En dehors de la grossesse, notre corps assure nos fonctions vitales sans que notre mental soit impliqué. Nous n'y accordons que peu d'attention, mais on peut méditer sur les battements de notre coeur, notre digestion, etc... Tout cela se fait de façon automatique, nous n'avons que très peu de contrôle volontaire dessus, voir aucun.

Nous sommes vivants, chauds, mouvants. Mais nous ne nous en rendons pas souvent compte. La grossesse est parfois une prise de conscience, dans le sens qu'il s'agit d'un état transitoire, qui ne dure pas, et impliquant des changements marquants.

Ma première grossesse a été une vraie découverte. Réaliser soudainement que la vie était là, en moi, et qu'un nouvel être se développait à l'intérieur de moi, quel mystère! Mon corps m'échappait totalement, incrédule je l'observais se modifier, je me sentais "envahie". Et complètement "mammifère". C'était une belle occasion de revenir à l'instinct...

Apprendre à sentir plus que réfléchir, lorsque cela se présente...

Reproduction et instinct

La nature instinctive de l'homme se situe particulièrement dans la reproduction. Enfin, j'imagine que nous avons bien plus d'instinct que cela, mais je trouve que ce sont dans ces domaines-là que nous le ressentons le plus :  

- Sexualité
- Grossesse
- Accouchement / Naissance
- Allaitement

Toutes les espèces sont dévouées à se reproduire, et tout nous conduit à cela.

Je suis une femme. Quelque chose en moi d'irrationnel fait que je me passionne pour la grossesse et la maternité en général. Quelque chose en moi d'irrationnel fait que j'envie toujours les femmes enceintes quand je ne le suis pas moi-même. Que je souhaite d'avoir un troisième enfant, alors que c'est déja compliqué à la maison avec deux petits. Ce quelque chose qui fait que j'ai encore envie d'être enceinte, alors que dans cet état, je suis malade (2) pendant les 5 premiers mois, et que je me dis à ce moment-là : "Oh, non, plus jamais ça..." 

C'est irrationnel, presque incontrôlable. Ne serait-ce pas une part d'instinct? Tout comme les autres femelles mammifères cherchent à se reproduire lorsqu'elles sont en période fertile?

L'instinct n'est vraiment pas loin.

Comment revenir à l'instinct ?

Je pense que la lecture des livres de M. Odent est vraiment une aide inestimable. Ces livres sont une mine d'or sur le sujet.

Dans les moments clés de la reproduction (sexualité, grossesse, accouchement, allaitement), pour que les choses se passent bien, il faut revenir à l'instinct, changer d'état de conscience. Et pour y parvenir :

- Eviter au maximum le langage, la rationalité, etc..
- Se sentir en terrain familier, chaleureux, intime et sécuritaire.
- Etre au chaud.
- Que la lumière soit tamisée.
- Eviter ce qui peut produire de l'inhibition.

Je développe un peu plus le concept de retour à l'instinct lors de l'accouchement ici .

Ce que je trouve vraiment ironique, c'est que les femelles humaines intellectualisent tellement, que certaines d'entre nous sommes amenées à faire une préparation mentale, afin d'apprendre à se déconnecter de leur mental...


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Notes :

(1) : Un dérivé de la phrase de S. de Beauvoir : "On ne nait pas femme, on le devient."
(2) : Nausées et vomissements intenses pendant 5 mois...



 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 14:24

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Avez-vous déjà remarqué comment, lorsqu'une femme attend son premier enfant, certaines femmes aiment lui raconter tous les détails de leur terrible accouchement? Ou les histoires d'une de leurs amies, qui a eu tel problème lors de la naissance de son enfant? Ou bien, d'autres commencent à raconter une terrible histoire, puis se reprennent en disant "Oh, non, excuse-moi, je vais plutôt me taire, je ne voudrais pas t'effrayer..."
    
Et on s'étonne que certaines futures-mamans soient terrorisées et souhaitent d'emblée la péridurale...  Et on s'étonne que les couples préfèrent laisser cet évènement si particulier entre les mains des professionnels, ceux qui savent, plutôt que de choisir de le vivre pleinement...  

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu peur d'accoucher, ni des douleurs de l'accouchement.

Ma mère a très mal vécu ma naissance. Elle avait une grande peur de l'accouchement à la base, et cela s'est soldé par une césarienne en urgence, avec anesthésie générale.

Elle m'a toujours raconté cette histoire avec amertume. Comment elle avait fait sortir mon père de la salle d'accouchement pendant le travail car il l'agaçait. Comment son col utérin "ne voulait pas s'ouvrir". Comment elle avait été la dernière à me voir après son réveil. Comment on venait de me donner un biberon juste avant la première mise au sein. Que de mauvais souvenirs autours d'un évènement si spécial dans la vie d'une femme...

Pourtant, son expérience n'a pas résonné sur ma représentation personnelle de l'accouchement.

Je me rappelle d'une légère appréhension lorsque j'étais adolescente, après qu'une amie m'ait confié ses propres craintes. Parmi ce qu'elle m'avait dit, deux choses avaient retenu mon attention : premièrement que la péridurale était en fait une très grosse aiguille qu'on enfonçait dans la colonne vertébrale (c'est ce que j'en avais retenu sur le coup), et deuxièmement le fait que les mamans faisaient souvent "caca" lorsqu'elles accouchaient.

Du coup, je me disais que je ne voulais surtout pas accoucher par péridurale (à l'époque, j'avais une espèce de phobie des aiguilles, qui m'a quittée suite à mes études en soins infirmiers.). Et je dois dire que l'histoire du "caca" pendant l'accouchement a quelque peu entaché l'image romantique que j'avais de l'enfantement.

J'ai eu la chance d'avoir d'autres références très positives au sujet de l'accouchement. 

Ma grand-mère m'a toujours dit qu'à son époque la péridurale n'existait pas, et qu'elle avait eu 4 accouchements très faciles. Elle en gardait un excellent souvenir et m'en parlait avec joie, en me disant que ce serait bien pour moi si je pouvais accoucher naturellement.

J'ai aussi eu la chance d'avoir une tante également maman de quatre enfants, que j'ai vue autant de fois enceinte alors qu'elle me gardait chez elle. Et tellement épanouie après chaque naissance... L'accouchement ne pouvait pas être si terrible, pour qu'elle revive cela quatre fois de façon tellement positive!

Les années passant :

Assez tôt, j'ai souhaité devenir sage-femme. J'ai toujours été fascinée par tout ce qui entoure la grossesse et la naissance, la maternité en général. 

Je préparais mon dossier d'inscription pour cette formation, lorsqu'un jour, j'ai rencontré par hasard la mère d'une bonne amie que j'avais un peu perdue de vue à ce moment-là.

Elle m'a demandé ce que je devenais, je lui ai parlé de mon souhait de devenir sage-femme.

Et là, la maman de mon amie s'écrie : "Oh oui, quel beau métier!!" Et la voila qui me raconte qu'elle a eu la joie d'accoucher chez elle de ses deux enfants, accompagnée par une sage-femme. Elle m'a raconté cela en rayonnant avec tant de bonheur, que je me suis dit que le fait d'accoucher avait l'air d'être une expérience magnifique et très heureuse.

Et dire que je ne savais même pas que cette amie-là était née à domicile avant cet épisode-là... 

Je me suis dit que j'allais devenir sage-femme pour pouvoir pratiquer des accouchements à domicile, et accompagner des mamans heureuses et épanouies comme celle-ci. Et je me voyais bien aussi accoucher chez moi le moment venu.

Par la suite, j'ai découvert aussi les maisons de naissance (j'habitais encore en Suisse à ce moment-là). Cela m'a paru une alternative très attirante. Il y en avait encore très peu en Suisse, et je me suis dit que cela pouvait être une bonne chose de développer ce type de lieu de naissance.

Cependant, les aléas de la vie ont fait que j'ai dû changer de projet, et j'ai fait une formation en soins infirmiers, un peu à regret, mais le coeur tout de même léger. Puis j'ai quitté la Suisse une fois mon diplôme obtenu pour venir vivre et travailler en France. (Oui, oui, je sais, c'est incompréhensible pour tous ceux qui connaissent un peu le domaine des soins, mais j'aime bien tout faire "à l'envers".)

Je suis devenue infirmière dans une maternité, en suite de couche. C'était une sorte de compromis.

Le fait de faire des stages puis de travailler en maternité et surtout dans une "usine à bébé" m'a rendue un peu moins confiante. J'ai pris connaissance de risques que je n'avais pas imaginés lors d'un accouchement. Il faut dire que nous suivions beaucoup de mamans ayant des pathologies graves à la base, qui rendaient leur grossesse compliquée, puis leur accouchement risqué.

Mon premier accouchement :

Je n'envisageais donc plus à la possibilité d'accoucher à la maison. Je n'avais pas peur d'accoucher et des douleurs associées, mais je ne voulais prendre aucun risque. Et je voulais toujours accoucher sans péridurale.

Habituée aux protocoles de toutes les maternités dans lesquelles j'avais travaillé, je ne remettais pas en cause le monitoring en continu, les perfusions d'office, la position gynécologique pour accoucher, l'accouchement dirigé, etc... Tout cela me paraissait normal.

C'est pourquoi tout naturellement, j'ai choisi d'accoucher dans la maternité où je travaillais. Tout s'est relativement bien passé, mais je me suis rendue compte par la suite que ce genre d'accouchement ne correspondait pas à ce que j'attendais. Trop médicalisé alors qu'il n'y avait aucun problème particulier. Personne ne comprenait mon choix de ne pas vouloir la péridurale, et personne ne m'encourageait dans ce sens-là, bien au contraire. J'étais mal préparée. J'ai fini par accepter la péridurale avec un col dilaté à 10 en hurlant que j'avais échoué... Et ma fille est arrivée. :) (J'en parle ici. )

Je me suis beaucoup questionnée par la suite sur ce que j'attendais d'un accouchement, et sur les raisons qui m'avaient poussée à accepter la péridurale si près de la fin, alors que je n'en voulais vraiment pas. (J'en parle ici.)

J'en garde tout de même un bon souvenir. Juste le regret de ne pas avoir réussi à aller jusqu'au bout sans péridurale.

Mon deuxième accouchement :

Pour ma naissance suivante, je voulais accoucher à domicile. Je me sentais vraiment prête, mais c'était sans compter sur BarbeDrue, qui n'était pas du tout rassuré par cette idée. Nous avons donc choisi de passer par une maison de naissance, et je me suis cette fois-ci réellement préparée pour accoucher sans péridurale. Une préparation surtout mentale, pour apprendre en fait à me déconnecter de mon mental! (un peu contradictoire, mais véridique!)

Cette fois-ci, mon accouchement a été physiologique, sans péridurale, instinctif, magnifique. (et douloureux, bien-sûr! ;)) J'en garde un souvenir très positif. (J'en parle ici  et ici . )

La suite?

Un troisième bébé... ou pas?

L'avenir le dira. Mon intérêt actuel est surtout de pouvoir aider. J'ai vu comme la traversée vers les découvertes a été longue. Tant de tâtonnements... J'aurais aimé être mieux renseignée lors de mon premier accouchement.

Et puis, j'aime raconter une expérience positive de l'accouchement pour contrebalancer toutes les expériences négatives entendues qui jalonnent le parcours d'une future-maman.  


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Photo : Prise par BarbeDrue, Annecy, avril 2007.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 15:01

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"Le bébé est un mammifère", Michel Odent

Ce livre a été publié en 1990, sous le titre "Votre bébé est le plus beau des mammifères". Il n'était plus édité depuis longtemps, et je désespérais de le trouver. J'ai donc été très contente quand j'ai vu qu'il était réédité (il y a déja un petit moment maintenant).

Sur le moment, je me suis demandé pourquoi l'auteur avait changé le titre originel, qui me paraissait plus joli. En fait, dès le début de la lecture, il explique que lui-même avait choisi "Le bébé est un mammifère" comme premier titre, mais que cela n'avait pas été jugé assez commercial par son éditeur. J'ai aussitôt réalisé que je m'étais laissé berner par le côté commercial, et il est vrai que finalement, ce titre correspond mieux au propos de l'auteur. Cela va directement au but, plutôt que flatter l'égo des parents.

Dans "Le bébé est un mammifère", Michel Odent part du postulat de départ suivant : L'être humain est un mammifère, et si l'accouchement est devenu si difficile en occident, c'est parce que l'on a voulu "l'humaniser". On l'a rendu technique plutôt qu'instinctif et on en a dépossédé les mères.

En tant que mammifère, la femme n'a pas besoin "d'apprendre à accoucher", elle n'a qu'à vivre son accouchement, suivre son corps. En diminuant l'activité intellectuelle et le recours aux "techniques" médicales intrusives (péridurale, position gynécologique imposée, etc...), elle saura retrouver son instinct mammifère et diriger elle-même son accouchement.

En gros, on peut dire que c'est LE livre fondateur de M. Odent, dans lequel il expose comment une femme peut gérer elle-même son accouchement, de façon tout à fait innée. La lecture en est rapide et facile.

A lire absolument si on souhaite vivre pleinement son accouchement. Michel Odent est celui qui m'a le plus aidée à prendre conscience de la capacité féminine à diriger soi-même son accouchement (1) et à  la possibilité d'utiliser relativement facilement ses compétences innées lors de la naissance.

A savoir : beaucoup des concepts de base se retrouvent également dans L'amour scientifié , du même auteur, publié plus tard. Disons que l'amour scientifié rapporte plus d'éléments de recherches scientifiques. Les deux se lisent très facilement.

Notes :

(1) : Quand je parle de diriger soi-même son accouchement, il s'agit de fait de pouvoir choisir soi-même sa position selon son besoin du moment, de pousser lorsque l'on en ressent l'envie, etc... Je ne parle pas du fait d'accoucher volontairement sans assistance. Une sage-femme peut être présente lors d'un accouchement non dirigé, ce qui minimise les risques de complication.


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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 14:33

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J'accouche bientôt, de Maïtie Trélaün

Ce livre était paru à la base sous le titre "J'accouche bientôt et j'ai peur de la douleur." La nouvelle édition a un titre quelque peu modifié, que je préfère : "J'accouche bientôt, que faire de la douleur."

C'est drôle comme je me laisse facilement influencer par le titre d'un livre, parfois au détriment de son contenu... Lorsque j'étais enceinte du girafon, je dévorais les livres de M. Odent (1), ainsi que le pavé d'Isabelle Brabant (2). Ma sage-femme m'avait alors conseillé "J'accouche bientôt et j'ai peur de la douleur." Mais le titre ne m'avait pas donné envie. Quelle erreur! :)

Finalement, j'ai lu un billet des vendredis intellos sur le livre en question, bien après mon accouchement. Et en le lisant, je me suis dit qu'il fallait absolument que je lise ce livre.

Puis, je l'ai lu. Quelle bonne lecture! J'ai été très contente en découvrant qu'il était préfacé par Michel Odent, MA référence en matière d'accouchement physiologique et non dirigé. Ca m'a immédiatement mise en confiance.

Le livre n'est pas trop gros, il se lit facilement et agréablement.

La lecture s'est révélée vraiment édifiante. L'auteure met des mots sur des choses que j'avais pressenties en accouchant sans péridurale, sans m'en rendre compte explicitement. En lisant le livre, ces choses m'apparaissaient beaucoup plus clairement.  

Par exemple, le fait qu'un accouchement (et je trouve que c'est particulièrement vrai pour le premier), est une forme de passage initiatique. Il y a un avant et un après, qu'importe la façon dont on l'a vécu (avec ou sans péridurale, par voie basse ou césarienne, dirigé ou non).

Que la douleur est un guide permettant de prendre les positions les plus adaptées à la progression du bébé au cours du travail, etc... (Je ne vais pas tout énumérer ici...)

Elle offre une réflexion sur la douleur, d'une façon générale, sur sa signification physiologique, ce qui influence notre perception de la douleur, son histoire, ce qu'en disent différentes religion, etc... Et sur les douleurs de l'enfantement, en particulier.

Elle donne plein de pistes à explorer pour réussir à dépasser d'éventuels blocages psychologiques, explique ce qui favorise un accouchement physiologique, etc... Mais aussi, comment se préparer toute éventualité et se préparer aussi à accoucher éventuellement avec une péridurale, ou par césarienne, et comment ne pas le vivre comme un échec personnel.

Finalement, je crois que si je ne devais conseiller qu'un seul livre à une femme souhaitant se préparer à accoucher sans péridurale, ce serait celui-ci, alors que j'avais refusé de le lire avant mon deuxième accouchement... Merci à Anne, ma sage-femme, pour ce beau conseil que je n'avais pas su entendre à l'époque. :) 

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Notes :

(1) : "Le bébé est un mammifère." et "L'amour scientifié" de Michel Odent
(2) : "Vivre sa grossesse et son accouchement" de Isabelle Brabant

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 15:12

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Avertissement : les sensations que je décris ici sont les miennes, ce texte est donc subjectif.  En effet, d'une femme à l'autre la douleur est vécue différemment. Cela peut tout de même vous donner une petite idée de ce que l'on ressent lors d'une contraction utérine. :)
   
Des contractions non douloureuses...

Quand j'étais enceinte, il m'arrivait souvent d'avoir des contractions non douloureuses. Le moment où je les sentais le plus précisément, c'était lorsque j'étais couchée. Souvent la nuit, ou pour la sieste. L'utérus étant un muscle, il est tout à fait normal d'avoir des contractions au cours de la grossesse, tant qu'on n'en a pas beaucoup plus de 10 par jour. 

La journée, je ne les remarquais pas toujours. Parfois, je sentais mon ventre se contracter, un peu comme si le bébé remontait, et voyais la peau de mon ventre (les parois de l'utérus, en fait) se coller au plus près du bébé, ce qui donnait l'impression d'être moins "volumineuse".

Souvenir :

C'est la nuit. Je suis allongée sur le côté gauche, en train d'essayer de trouver le sommeil. Soudain, je sens mon artère jugulaire qui se met à pulser de plus en plus intensément. Je la sens physiquement dans mon cou, comme si on tapotait dessus avec la pulpe d'un doigt, et je l'entends aussi. C'est le signe qu'une contraction arrive. J'attends. Ca y est. Mon utérus commence à se contracter. Petit à petit, il se moule tout autour de mon bébé. Les pulsations sont au plus fort, j'entends le rythme de mon coeur dans ma gorge. Ma respiration est un peu plus profonde. Mon ventre est très dur au toucher. Quelques secondes passent. Les pulsations se calment. Mon ventre se détend. La contraction est passée.

Et des contractions douloureuses!

Souvenir :

BarbeDrue me regarde. Juste après la contraction, il me demande : « Ca fait quoi comme sensation? »

Eh bien... C'est comme des douleurs de règles, mais en beaucoup plus intense... Forcément, le pauvre, il ne sait pas ce que c'est, les douleurs de règles... ;) J'imagine qu'on pourrait faire un parallèle avec une bonne gastro?

Mon ventre se serre. D'après ma sage-femme, les contractions partent du col utérin et remontent le long de l'utérus, de façon à favoriser l'ouverture du col.

Mais je les ressens comme si elles partaient du haut. Je sens mon ventre sous mes seins qui s'abaisse, et tout mon ventre se serre en direction du nombril, puis du pubis.

Lorsque l'utérus commence à se contracter, je n'ai pas tout de suite mal. Plus mon ventre se serre et me semble descendre, plus cela irradie. C'est une douleur lumineuse. Elle est électrique, elle me serre, et on dirait qu'un couteau s'enfonce dans mon ventre. La douleur descend, elle devient vive et localisée entre mon nombril, mon pubis, mes fesses, mon vagin, tout autours de mon col utérin. On dirait que la douleur descend tout le long de mon ventre, comme un liquide métallique coulerait pour se concentrer vers le bas. J'ai mal!

Ca dure un petit moment. Et puis, tout s'atténue, mon ventre se détend et remonte lentement, la douleur disparait graduellement comme elle est venue.


Les premières contractions du travail sont moins intenses, moins longues et moins rapprochées. Plus le temps passe, plus ça se corse...

Les heures passent ...

Dernières contractions, le bébé est presque là...

A chaque contraction, je hurle mais j'ai l'esprit ailleurs, je ne pense à rien, je ne m'entends même pas. J'ai l'impression d'être loin, très loin, je ne sais même plus si c'est une douleur ou si mon corps ne m'appartient plus. Impossible à décrire : je suis complètement déconnectée.

Je suis accroupie. Le bébé arrive. La sensation de poussée est forte, je sais instinctivement quoi faire. Je pousse en hurlant. Je sais que je hurle, mais je n'entends rien. Je ne vois rien. Mes yeux sont-ils fermés, ouverts? Je ne sais pas. La douleur s'atténue lors de la poussée. Je pousse encore à plusieurs reprises très efficacement, je ne sais même plus trop combien de fois.  

Le girafon tombe doucement entre mes jambes, légèrement retenu par la sage-femme... J'ai déjà tout oublié. Je sors de mon état second. Doux retour à la réalité que de croiser le regard de ce tendre bébé qui vient tout juste d'arriver au monde.

Reste la douleur du périnée et la sortie du placenta. Ce n'est rien par rapport à ce qui vient de se terminer. Mais c'est bizarre, j'ai oublié toute la douleur passée, et j'ai l'impression que ce "petit rien" est plus aigu, plus douloureux... Je supporte en silence la délivrance.

J'ai crié, j'ai hurlé, j'ai fait des bruits étranges? Ca avait l'air si terrible que ça? C'est BarbeDrue qui m'en parlera plus tard, moi je ne me souviens de rien. J'en garde un souvenir ému et heureux.


PHOTO : Catherine Egloffe

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 15:27

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Je crois que si tant de femmes vivent les contractions comme un calvaire, c'est en partie à cause de vieilles représentations qui perdurent dans notre société judéo-chrétienne. En fait, je vais parler ici strictement de la culture française. Parce que je vis en France et parce que cette culture influence passablement la mentalité des pays francophones voisins. (Ce n'est pas du chauvinisme, il y a peu j'habitais encore dans ma Suisse romande natale.) 

1.) Une veille culpabilité chrétienne

Vous connaissez sûrement ce passage de la bible, qui suit le péché originel :

Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Genèse 3.16

De ce point de vue-là, la douleur de l'accouchement serait donc un châtiment pour la femme, pour une faute commise par une autre femme, avec promesse de domination par les hommes.

2.) Siècle des lumières, laïcité et féminisme à la sauce française

Les années passant, en France, le siècle des lumières a repoussé la religion au fin fond des chaumières. Plus tard, le féminisme a voulu libérer la femme : La femme serait punie d'un péché vieux comme le monde? Elle devrait souffrir en accouchant? Libérons-la donc de ce fardeau.

Il est sûr que si on considère les douleurs de l'enfantement comme une punition et un moyen de soumettre la femme à son mari, il n'est pas étonnant que beaucoup souhaitent s'en libérer à l'heure actuelle.

C'est à mon avis une des raisons qui ont influencé les mauvaises représentations que l'on a à l'heure actuelle des contractions.

En France tout comme dans beaucoup de pays occidentaux, la péridurale s'est généralisée. Maintenant, quand on souhaite accoucher sans anesthésie, beaucoup de gens sont étonnés. Souvent on entend : "Pourquoi vouloir souffrir inutilement? N'es-tu pas un peu masochiste?"

Je suis étonnée de la façon dont la société française arrive à tout interpréter à sa façon. D'un côté, la laïcité (à la sauce française), qui repousse tout ce qui a un rapport avec le religieux. Les contractions ayant été relatées comme un châtiment de la bible sont donc également à proscrire. De l'autre les féministes, qui veulent à tout prix libérer la femme, quitte à la "libérer de force d'elle-même". (On pourrait faire un parallèle à propos des femmes musulmanes pratiquantes, mais ici, je parle précisément des douleurs liées à l'enfantement.)  

3.) Les lumières et l'humanisation

Jean-Jacques Rousseau et Voltaire se disputaient sur le sujet de l'animalité des humains. En France, tout a été fait pour que l'homme s'éloigne de sa nature de mammifère.

Dans l'inconscient collectif, il est de bon ton de penser que l'être humain n'a plus d'instinct. Que tout ce que nous faisons est acquis plutôt qu'inné. La femme dont la mère n'a pas allaité ne saura pas. Mystère sur l'accouchement, le savoir en ce domaine est entre les mains de ceux qui savent : les gens formés, le personnel des maternités. De là découlent tous les accouchements dirigés au cours desquels la future-maman délègue le déroulement de la naissance à l'équipe hospitalière. Elle n'accouche pas, elle se fait accoucher.

En tant qu'être humain, l'instinct n'existant plus en théorie, il vaut mieux avoir des instruments toujours plus sophistiqués pour accompagner l'accouchement.

Tout le monde a une idée plus ou moins définie des différents protocoles hospitaliers comme le monitoring, les perfusions, l'hospitalisation, etc... Tous ces éléments qui entretiennent l'idée que l'accouchement est une menace, même lorsque tout est physiologique.

On est donc poussé à en déduire que l'accouchement n'est plus une punition maintenant que la péridurale existe, mais il reste tout de même un danger. Qu'on va tenter de maîtriser à grand renfort de machines sophistiquées.

4.) Et le bon sens dans tout ça?

Certes... La péridurale est une avancée, elle peut être une grande alliée selon les situations. (Je pense notamment aux césariennes réellement nécessaires, durant lesquelles la péridurale permet à la maman d'être consciente lors de la naissance de son enfant)

Certes.... Il y a des accouchements qui se déroulent mal. Heureusement que les avancées scientifiques permettent de sauver des mamans et des bébés qui n'auraient pas survécu jadis.

Je ne dis pas que les accouchements à l'hôpital et/ou sous péridurale sont à éliminer, loin de là. 

Mais je trouve qu'il faut arrêter de faire peur à tout le monde au sujet de l'accouchement. Tous les accouchements ne sont pas à risque. La mortalité infantile si importante de l'époque était en grande partie liée au manque d'hygiène, ce qui n'est plus le cas à l'heure actuelle.

Je ne suis ni chrétienne, ni féministe à la sauce française. Cela ne m'empêche pas d'aspirer à une certaine liberté, et je ne suis pas non plus spécialement à la recherche de la douleur.

Simplement, je ne considère pas la douleur de l'accouchement comme un fardeau ou une punition. Je ne souhaite donc pas m'en libérer. Pour moi, le vrai "joug" n'est pas là.

La péridurale rend la femme passive lors de la naissance de son enfant, incapable de la diriger elle-même. Est-ce une libération?

Quand on rentre à l'hôpital pour accoucher, a-t-on une réelle liberté? (Je pense en particulier aux "usines à bébés") Si je ne souhaite pas suivre les protocoles hospitaliers, comment se passent les choses? Me traitera-t-on d'inconsciente? Me fera-t-on comprendre avec insistance que je mets la vie de mon bébé en jeu, de façon à me faire capituler? Ne fera-t-on pas tout ce qu'il faut pour me faire entrer dans une case? La patiente que l'on va aider à accoucher, comme toutes les autres patientes?

Position gynécologique, monitoring en continu, perfusion d'entretien d'office, d'ocytocine, et autre produits? Tout cela dans le but de faciliter le travail des professionnels plutôt que le mien? Et dans la foulée, une petite péridurale, une fois que l'on est bien épuisée, dans une position non physiologique, sans avoir la moindre liberté de mouvement, entravée par tous ces fils?

Dans une petite salle froide et impersonnelle.

Est-ce là la liberté et l'indépendance tant revendiquées? Le refus de la douleur et de l'asservissement?

Je ne pense pas.

Pour moi, la liberté dans l'accouchement, c'est de n'avoir aucune entrave. Pas de fils à chaque bras, pas de monitoring en continu. Pas de position imposée. Pas de sensation annihilée. Sentir les choses. Etre active, en pleine possession de ses moyens, diriger soi-même son accouchement, selon la progression du bébé. Un vrai travail d'équipe entre la maman et son enfant.

La douleur n'est pas une punition. Elle est un guide.



PHOTO : Droïde sage-femme de Star Wars. Heureusement qu'on n'en est pas encore arrivés là... ;)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 15:50

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Ces derniers jours, suite à la discussion au Sénat de la proposition de loi sur les maisons de naissance, la presse a beaucoup écrit sur ce sujet. En lisant plusieurs de ces articles, j'ai remarqué qu'il y avait énormément de confusion entre les différents types d'accouchements.

Pour donner un exemple fréquent : Beaucoup mélangent accouchement physiologique et accouchement sans péridurale. Or, si un accouchement physiologique est forcément sans péridurale, sans péridurale ne rime pas toujours avec physiologique..

J'ai donc souhaité éclaircir un peu ces différents termes.

Accouchement "classique" :

Par classique, on entend ce qui se passe le plus fréquemment à une époque donnée et dans un lieu précis. La norme, en fait.

On peut donc dire qu'en France, l'accouchement classique se déroule en structure hospitalière, sous péridurale, et avec beaucoup de protocoles hospitaliers plus ou moins imposés. Ce type d'accouchement est également dirigé par l'équipe hospitalière.

Accouchement dirigé :

C'est l'équipe hospitalière, ou une personne tierce "qui sait", qui dirige l'accouchement. On explique à la future maman dans quelle position se mettre, à quel moment et comment pousser, comment souffler, etc... Cela peut se passer avec ou sans péridurale, à l'hôpital ou partout ailleurs.

Accouchement non dirigé :

C'est la future maman qui mène son accouchement, en se basant sur ses sensations.

Elle choisit elle-même la position qu'elle veut prendre, et peut en changer lorsqu'elle le souhaite. Elle pousse lorsqu'elle en ressent le besoin.

Pour cela, il faut donc évidemment que l'accouchement se déroule sans péridurale de façon à ce que la future-maman ne soit pas coupée de ses sensations et n'ait pas une baisse de motricité. Il faut également qu'elle ait une liberté de mouvement totale.

Accouchement sans péridurale :

Par là, on entend simplement qu'il n'y a pas eu de péridurale.

Ce type d'accouchement n'est pas forcément physiologique. En effet, on peut accoucher sans péridurale dans une position non physiologique, totalement opposée à la descente du bébé dans le bassin. Je pense notamment aux femmes qui accouchent sans péridurale à l'hôpital, en position gynécologique plus ou moins imposée par l'équipe hospitalière.

Accouchement physiologique :

Dans ce cas, l'accouchement se fait dans une position physiologique. C'est-à-dire une position favorisant la progression du bébé dans le bassin. (Souvent, en position accroupie, ou à genoux, ou debout : Des positions verticales favorisant la descente du bébé.)

Cela sous-entend une liberté de mouvement, de pouvoir changer de position. Un accouchement physiologique est donc forcément sans péridurale, de façon à préserver la motricité de la future-maman. C'est également nécessaire afin qu'elle puisse se baser sur ses sensations pour choisir la position qui lui paraît la mieux adaptée.

Accouchement naturel :

Naturel signifie sans intervention médicamenteuse. Autrement dit : sans anesthésie, ni perfusion d'ocytocine par exemple. Ce type d'accouchement ne passe pas non plus par un déclenchement.

On peut également le comprendre comme le fait que l'accouchement se déroule d'une façon instinctive proche de celle de la  mise bas des autres mammifères (cf : Comment "entrer dans sa bulle"?  )

Accouchement humain, ou humanisé :

Ce terme est un peu subjectif, il faudrait voir ce que l'on entend exactement par humain.

En me référant à M. Odent, ce terme s'adapte mal avec la notion d'accouchement naturel (sous-entendu : à la façon instinctive des mammifères).

Je vais citer ici un passage de son livre "Le bébé est un mammifère" :

« Il est donc important de souligner à quel point le terme d'"humanisation" est trompeur. Certes, pour certains, l'humanisation inclut avant tout la notion de compassion. Mais la compassion n'est pas l'apanage des humains. Tout le monde s'accorde, par contre, pour considérer l'usage d'instruments sophistiqués comme une caractéristique humaine. Oserons-nous conclure que le degré le plus élevé d'humanisation sera atteint le jour où la césarienne sera la façon habituelle de mettre au monde un bébé ?! »

Pour accoucher de façon instinctive, il faudrait justement s'éloigner de nos particularités humaines (l'intellect et l'instrumentalisation) pour se rapprocher de notre nature profonde de mammifère.

Accouchement à domicile (AAD) :

Le nom de ce type d'accouchement indique assez clairement de quoi il s'agit : la future maman accouche chez elle. En général, cela se fait avec l'accompagnement d'une sage-femme indépendante.

Il faut savoir que pour des raisons de sécurité, tout le monde ne peut pas accoucher à domicile. Il faut pour cela habiter pas trop loin d'une maternité (en prévision d'un éventuel transfert rapide), être en bonne santé et avoir une grossesse physiologique. Pas possible pour une naissance à risque : siège, jumeaux, antécédent d'hémorragie de la délivrance, etc...

Plus de détails ici : Accoucher à domicile .

Accouchement non assisté (ANA) :

La future maman accouche chez elle, mais sans l'assistance d'une sage-femme. Souvent, les femmes qui font ce choix-là y sont amenées car elles n'ont pas trouvé une sage-femme disponible pour les accompagner à domicile.

C'est un choix personnel, mais je trouve cela tout de même assez risqué.


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PHOTO : Mamamor doll, la poupée qui accouche et qui allaite... :)

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 14:52

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Un embryon de maison de naissance :

Lorsque j'étais enceinte de mon girafon, je souhaitais accoucher à la maison. Je venais de lire Intimes naissances , et j'avais envie justement d'intimité, de chaleur, bref : d'un accouchement personnel.

Cependant, BarbeDrue n'était pas rassuré par cette idée, car la maternité la plus proche était à 20 min en voiture, et en cas de transfert pour problème vital, cela l'inquiétait.

Une sage-femme pratiquant des accouchements à domicile m'a donc proposé de passer par le CALM. Au départ, je ne savais pas exactement de quoi il s'agissait. Elle m'avait parlé de sages-femmes ayant un plateau technique à la maternité des Bluets.

De fil en aiguille, j'ai découvert que le CALM était en fait un embryon de maison de naissance, en France.

Je parle d'embryon, car si les maisons de naissances sont monnaie courante dans beaucoup de pays européens nous entourant, en France, ce n'est pas légal.

Pourtant, plusieurs sages-femmes et parents motivés ont fait en sorte qu'une telle structure puisse exister.

BarbeDrue a tout de suite été d'accord de passer par une maison de naissance. C'était le compromis idéal entre l'accouchement à domicile et la naissance classique à l'hôpital. Une naissance naturelle, avec une possibilité de transfert ultra rapide en cas de problème.

Qu'est-ce que le CALM?

CALM, autrement dit :  "Comme A La Maison".

Le CALM, c'est donc une maison de naissance parisienne, accolée à la maternité des Bluet. C'est aussi une association regroupant des parents, des sympathisants, et des sages-femmes. Cette association se bat pour faire exister et reconnaître les maisons de naissances en France.

Une chambre chaleureuse, avec une grande baignoire, un lit deux places, des ballons, etc...

On y bénéficie d'un AGN (Accompagnement Global à la Naissance) c'est-à-dire un suivi personnalisé  par la même sage-femme tout au long de la grossesse, le jour de l'accouchement, et ensuite à la maison pour les jours suivants la naissance.

Pas d'hospitalisation (cela faisait partie de mes motivations, car je ne souhaitais pas être séparée de ma poussinette). On va à la maison de naissance pour accoucher, ensuite on y reste quelques heures le temps de se remettre doucement, puis on rentre à la maison.

Pas de péridurale, une sage-femme préparée à accompagner un accouchement naturel, qui ne sera pas prise au dépourvu face à des cris, etc...

La naissance de mon girafon (dont je parle ici ) s'est donc déroulée au CALM même, dans la chambre qu'on peut voir en photo dans cet article.

Il y a encore du chemin a faire pour que les maisons de naissance soient enfin légales en France.

Les conséquences de cette non-légalisation :

  • La maison de naissance est une annexe d'une structure médicale, elle n'est pas complètement gérée par les sages-femmes comme c'est généralement le cas.
  • Très peu de places pour les personnes qui souhaitent accoucher par ce biais-là. Il faut donc se présenter au CALM en tout début de grossesse si on souhaite pouvoir y accoucher.
  • Mauvais remboursement par la sécu de l'accouchement et du suivi : un comble, car cela coûte bien moins cher qu'un accouchement classique avec 3 jours (ou plus) d'hospitalisation.
  • L'accouchement doit se dérouler dans la maternité des Bluets pour des raisons légales, et non directement au CALM. Il s'agit donc plus d'un plateau technique que d'une maison de naissance à proprement parler. (Mais il arrive que des naissances se déroulent dans la maison de naissance même. C'était le cas pour celle de mon girafon.)
  • La structure du CALM est sans arrêt remise en question.


Heureusement, petit à petit l'idée fait son chemin, et avec un peu de motivation et de soutien, cela pourrait se débloquer dans quelques temps. D'ailleurs, la question de la legislation des maisons de naissance en France est actuellement en discussion au Sénat!

Si vous souhaitez soutenir le CALM, vous pouvez adhérer à son association. Plus de détails ici .   


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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 14:02

    Superman.jpg

Apparemment, vous êtes nombreuses à vous poser cette question...

Je pense qu'il faut être réaliste, d'après mon expérience personnelle (ce que j'ai vécu et ce que l'on m'a raconté), on a une forte probabilité d'être déçue si on espère accoucher sans péridurale et sans douleur...

Il existe des femmes qui accouchent naturellement sans douleur. Certaines parlent même d'une sensation d'orgasme lors de l'accouchement sans péridurale. Certes. Cela existe, et tant mieux!

C'est tout de même assez rare.

Lamaze VS Odent :

Dans les années 50, Fernand Lamaze a ramené de Russie une méthode d'accouchement dite "sans douleur". Il s'agissait de respirations très rythmées, qui poussait la femme à avoir l'esprit occupé, et détournait son attention des douleurs de l'accouchement.

Suite à mes lectures de Michel Odent, je ne suis pas persuadée de l'efficacité d'une telle méthode.

A mon avis, c'est plutôt quelque chose qui fait trop fonctionner l'intellect. La femme est tellement concentrée sur les respirations qu'elle n'est pas connectée à son accouchement. Elle ne ressent peut-être (et je dis bien peut-être) pas la douleur, mais elle ne ressent pas non plus ce qui se passe en elle. D'ailleurs, les accouchements de ce type étaient toujours dirigés.

J'ai du mal avec la façon dont le personnel médical de certaines maternités dirige les accouchements. La future maman "se fait accoucher".  Genre : "Madame, mettez-vous dans telle position. Maintenant, poussez! Poussez! Bloquez votre respiration et poussez!"

Lors de la sensation de poussée, une femme ressent naturellement ce qu'elle doit faire. Sans péridurale et sans être dirigée, elle saura quand et comment pousser. Et dans quelle position se mettre.

Pour accoucher naturellement et instinctivement, on devrait donc plutôt diminuer l'activité intellectuelle afin de pouvoir se reconnecter à son cerveau mammalien, commun à tous les mammifères. (cf :  Comment "entrer dans sa bulle"? )

La respiration profonde et par le ventre (comme ce qui se pratique dans le yoga) peut être une aide pour se détendre, et éviter d'être trop crispée. Mais il faudrait que cela se fasse naturellement, de façon instinctive. Je pense que si ça demande trop de réflexion, c'est plutôt un obstacle qu'un élément favorisant.

Le sens de la douleur :

Pour en revenir à l'espérance d'accoucher sans péridurale et sans douleur, je pense que c'est ce qui risque le plus certainement à vous pousser à prendre la péridurale. Car un accouchement sans péridurale, c'est quasiment toujours douloureux (et même très douloureux). Si vraiment vous souhaitez vous passer d'anesthésie, il vaudrait mieux vous préparer à gérer la douleur. A travailler avec elle. A l'accepter comme une amie, une alliée.

La douleur a une raison d'être.

  • Elle nous permet de nous reconnecter à nos instincts primaires. Accoucher sans intellectualiser, simplement comme une maman mammifère.
  • Elle nous pousse a adopter la position la plus appropriée à la progression du bébé.
  • Elle favorise l'attachement mère-enfant par tout un processus hormonal. En effet, le corps met en place tout un arsenal naturel pour traverser cette crise. Saviez-vous que si on administre une péridurale à une chèvre, elle ne s'occupe plus de son petit après la mise à bas? Bien-sûr, chez les humains, l'attachement se fait même suite à une péridurale, car il y a également toute une composante émotionnelle liée à notre intellect qui rentre en jeu.


Douleur et souffrance :

Il faut faire une différence entre la douleur et la souffrance. La douleur est physique et physiologique. Elle est naturelle, et chaque contraction est une aide pour la naissance de l'enfant. La souffrance, quant à elle, est psychologique. Elle provient de notre difficulté à accepter la douleur, de nos peurs, nos blocages mentaux. Si la douleur est une aide, la souffrance, elle, est un frein lors de l'accouchement.

Il est important de parvenir à mettre des mots sur toutes les peurs qui entourent l'accouchement afin d'éviter de se retrouver en "souffrance". On peut avoir des angoisses qui remontent au souvenir d'accouchements difficiles vécus dans la famille. D'autres liées à la peur de la déchirure. La peur de l'inconnu... La liste n'est pas exhaustive.


Quelques pistes pour atténuer la douleur :

  • Le chaud au niveau de la zone douloureuse. Au choix : un bain chaud, une bouillotte sur le ventre, des compresses chaudes à renouveler quand elles refroidissent, etc... J'avais utilisé une bouillotte, et franchement, ça  fait une différence!   
  • L'acupression : la méthode de Bonapace. Il s'agit d'appuyer fortement sur certaines zones du corps pendant les contractions.
  • Un massage du bas du dos.
  • Etre aussi détendue que possible : la crispation amplifie la douleur.
  • Changer de position pour prendre celle qui nous parait la mieux adaptée.    
  • L'homéopathie.


N'ayez pas peur :

Je pense que le meilleur moyen de vivre son accouchement naturellement, c'est de ne pas avoir peur. Et mettre en place tous les facteurs favorisants pour se sentir en sécurité et entrer dans sa bulle.

La femme est un mammifère comme les autres. Connectée à son cerveau primaire, c'est-à-dire le cerveau mammalien, elle sait accoucher. La douleur est un guide, il n'y a qu'à la suivre. Elle vous permettra de prendre la position la plus adaptée à la progression de votre bébé.

On oublie très vite la douleur. Dès que le bébé est là, on ne se rappelle même plus de ce que l'on a ressenti quelques instants plus tôt. Tout paraît loin et effacé. Ca parait gros, mais c'est vrai.

Pour conclure, donc, n'ayez pas peur! :)

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NOTE :

Oui, je sais, superman est un homme, ca fait sexiste et un peu hors sujet. J'aurais pu prendre superwoman, mais elle est à moitié nue, c'est sexiste aussi, non? Bref. C'est superman, et voila! :)

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:28

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Il y a quelques jours, j'ai reçu ce livre de la part d'Ophélie Zaegel. Je la remercie de tout coeur car cela m'a permis de découvrir son témoignage d'accouchement sans péridurale et de pouvoir vous en parler un peu.

Ophélie Zaegel est journaliste, il s'agit de son premier roman.

Lorsqu'elle était enceinte, elle a regretté le peu de livres parlant des accouchements sans péridurale, et elle explique que ce sont essentiellement les récits de mamans trouvés sur le net qui lui ont permis de se préparer pour accoucher ainsi. Si des ouvrages d'experts existent sur le sujet, il faut reconnaître que peu de livres racontent les témoignages des mamans.

Elle a donc écrit un livre qui raconte sa propre expérience.

Dans les premières pages, elle donne son projet de naissance (évoquant beaucoup d'éléments), qui est formulé d'une façon précise, réaliste et très ouverte, ce qui peut favoriser l'adhésion de l'équipe hospitalière. Il me paraît un bon modèle, à adapter selon les attentes personnelles.   

Avec humour, elle fait ensuite un récit très détaillé de son accouchement sans péridurale, sans occulter le point crucial que chaque future-maman appréhende : la douleur. Au fil du récit, elle reprend en flash back certains conseils ou explications donnés par sa sage-femme lors de sa préparation à l'accouchement. Elle explique ce qui l'a aidée à aller jusqu'au bout sans péridurale, même lorsque la douleur était au plus haut. Le tout étant d'apprendre à gérer cette douleur et non de la combattre.

Son accouchement se déroule dans une maternité à priori plutôt nature, dans laquelle on lui propose plusieurs alternatives à la péridurale (ballon, acupuncture, masque "kalinox", etc...).

J'ai aimé ce récit (j'aime beaucoup les récits d'accouchements en général, et sans péridurale en particulier!), il se lit très facilement et j'aime l'humour et le ton léger d'Ophélie Zaegel. De plus, elle propose quelques pistes intéressantes pour se préparer à accoucher sans péridurale.

Ce petit livre peut être un complément à Intimes naissances , pour celles qui se préparent à accoucher sans péridurale en maternité.

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