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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 14:24

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Avez-vous déjà remarqué comment, lorsqu'une femme attend son premier enfant, certaines femmes aiment lui raconter tous les détails de leur terrible accouchement? Ou les histoires d'une de leurs amies, qui a eu tel problème lors de la naissance de son enfant? Ou bien, d'autres commencent à raconter une terrible histoire, puis se reprennent en disant "Oh, non, excuse-moi, je vais plutôt me taire, je ne voudrais pas t'effrayer..."
    
Et on s'étonne que certaines futures-mamans soient terrorisées et souhaitent d'emblée la péridurale...  Et on s'étonne que les couples préfèrent laisser cet évènement si particulier entre les mains des professionnels, ceux qui savent, plutôt que de choisir de le vivre pleinement...  

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu peur d'accoucher, ni des douleurs de l'accouchement.

Ma mère a très mal vécu ma naissance. Elle avait une grande peur de l'accouchement à la base, et cela s'est soldé par une césarienne en urgence, avec anesthésie générale.

Elle m'a toujours raconté cette histoire avec amertume. Comment elle avait fait sortir mon père de la salle d'accouchement pendant le travail car il l'agaçait. Comment son col utérin "ne voulait pas s'ouvrir". Comment elle avait été la dernière à me voir après son réveil. Comment on venait de me donner un biberon juste avant la première mise au sein. Que de mauvais souvenirs autours d'un évènement si spécial dans la vie d'une femme...

Pourtant, son expérience n'a pas résonné sur ma représentation personnelle de l'accouchement.

Je me rappelle d'une légère appréhension lorsque j'étais adolescente, après qu'une amie m'ait confié ses propres craintes. Parmi ce qu'elle m'avait dit, deux choses avaient retenu mon attention : premièrement que la péridurale était en fait une très grosse aiguille qu'on enfonçait dans la colonne vertébrale (c'est ce que j'en avais retenu sur le coup), et deuxièmement le fait que les mamans faisaient souvent "caca" lorsqu'elles accouchaient.

Du coup, je me disais que je ne voulais surtout pas accoucher par péridurale (à l'époque, j'avais une espèce de phobie des aiguilles, qui m'a quittée suite à mes études en soins infirmiers.). Et je dois dire que l'histoire du "caca" pendant l'accouchement a quelque peu entaché l'image romantique que j'avais de l'enfantement.

J'ai eu la chance d'avoir d'autres références très positives au sujet de l'accouchement. 

Ma grand-mère m'a toujours dit qu'à son époque la péridurale n'existait pas, et qu'elle avait eu 4 accouchements très faciles. Elle en gardait un excellent souvenir et m'en parlait avec joie, en me disant que ce serait bien pour moi si je pouvais accoucher naturellement.

J'ai aussi eu la chance d'avoir une tante également maman de quatre enfants, que j'ai vue autant de fois enceinte alors qu'elle me gardait chez elle. Et tellement épanouie après chaque naissance... L'accouchement ne pouvait pas être si terrible, pour qu'elle revive cela quatre fois de façon tellement positive!

Les années passant :

Assez tôt, j'ai souhaité devenir sage-femme. J'ai toujours été fascinée par tout ce qui entoure la grossesse et la naissance, la maternité en général. 

Je préparais mon dossier d'inscription pour cette formation, lorsqu'un jour, j'ai rencontré par hasard la mère d'une bonne amie que j'avais un peu perdue de vue à ce moment-là.

Elle m'a demandé ce que je devenais, je lui ai parlé de mon souhait de devenir sage-femme.

Et là, la maman de mon amie s'écrie : "Oh oui, quel beau métier!!" Et la voila qui me raconte qu'elle a eu la joie d'accoucher chez elle de ses deux enfants, accompagnée par une sage-femme. Elle m'a raconté cela en rayonnant avec tant de bonheur, que je me suis dit que le fait d'accoucher avait l'air d'être une expérience magnifique et très heureuse.

Et dire que je ne savais même pas que cette amie-là était née à domicile avant cet épisode-là... 

Je me suis dit que j'allais devenir sage-femme pour pouvoir pratiquer des accouchements à domicile, et accompagner des mamans heureuses et épanouies comme celle-ci. Et je me voyais bien aussi accoucher chez moi le moment venu.

Par la suite, j'ai découvert aussi les maisons de naissance (j'habitais encore en Suisse à ce moment-là). Cela m'a paru une alternative très attirante. Il y en avait encore très peu en Suisse, et je me suis dit que cela pouvait être une bonne chose de développer ce type de lieu de naissance.

Cependant, les aléas de la vie ont fait que j'ai dû changer de projet, et j'ai fait une formation en soins infirmiers, un peu à regret, mais le coeur tout de même léger. Puis j'ai quitté la Suisse une fois mon diplôme obtenu pour venir vivre et travailler en France. (Oui, oui, je sais, c'est incompréhensible pour tous ceux qui connaissent un peu le domaine des soins, mais j'aime bien tout faire "à l'envers".)

Je suis devenue infirmière dans une maternité, en suite de couche. C'était une sorte de compromis.

Le fait de faire des stages puis de travailler en maternité et surtout dans une "usine à bébé" m'a rendue un peu moins confiante. J'ai pris connaissance de risques que je n'avais pas imaginés lors d'un accouchement. Il faut dire que nous suivions beaucoup de mamans ayant des pathologies graves à la base, qui rendaient leur grossesse compliquée, puis leur accouchement risqué.

Mon premier accouchement :

Je n'envisageais donc plus à la possibilité d'accoucher à la maison. Je n'avais pas peur d'accoucher et des douleurs associées, mais je ne voulais prendre aucun risque. Et je voulais toujours accoucher sans péridurale.

Habituée aux protocoles de toutes les maternités dans lesquelles j'avais travaillé, je ne remettais pas en cause le monitoring en continu, les perfusions d'office, la position gynécologique pour accoucher, l'accouchement dirigé, etc... Tout cela me paraissait normal.

C'est pourquoi tout naturellement, j'ai choisi d'accoucher dans la maternité où je travaillais. Tout s'est relativement bien passé, mais je me suis rendue compte par la suite que ce genre d'accouchement ne correspondait pas à ce que j'attendais. Trop médicalisé alors qu'il n'y avait aucun problème particulier. Personne ne comprenait mon choix de ne pas vouloir la péridurale, et personne ne m'encourageait dans ce sens-là, bien au contraire. J'étais mal préparée. J'ai fini par accepter la péridurale avec un col dilaté à 10 en hurlant que j'avais échoué... Et ma fille est arrivée. :) (J'en parle ici. )

Je me suis beaucoup questionnée par la suite sur ce que j'attendais d'un accouchement, et sur les raisons qui m'avaient poussée à accepter la péridurale si près de la fin, alors que je n'en voulais vraiment pas. (J'en parle ici.)

J'en garde tout de même un bon souvenir. Juste le regret de ne pas avoir réussi à aller jusqu'au bout sans péridurale.

Mon deuxième accouchement :

Pour ma naissance suivante, je voulais accoucher à domicile. Je me sentais vraiment prête, mais c'était sans compter sur BarbeDrue, qui n'était pas du tout rassuré par cette idée. Nous avons donc choisi de passer par une maison de naissance, et je me suis cette fois-ci réellement préparée pour accoucher sans péridurale. Une préparation surtout mentale, pour apprendre en fait à me déconnecter de mon mental! (un peu contradictoire, mais véridique!)

Cette fois-ci, mon accouchement a été physiologique, sans péridurale, instinctif, magnifique. (et douloureux, bien-sûr! ;)) J'en garde un souvenir très positif. (J'en parle ici  et ici . )

La suite?

Un troisième bébé... ou pas?

L'avenir le dira. Mon intérêt actuel est surtout de pouvoir aider. J'ai vu comme la traversée vers les découvertes a été longue. Tant de tâtonnements... J'aurais aimé être mieux renseignée lors de mon premier accouchement.

Et puis, j'aime raconter une expérience positive de l'accouchement pour contrebalancer toutes les expériences négatives entendues qui jalonnent le parcours d'une future-maman.  


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Photo : Prise par BarbeDrue, Annecy, avril 2007.

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Published by unbebebienreel.over-blog.com - dans Accouchement sans péridurale
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commentaires

natou 17/10/2013 20:37

Qu'es que j'aime cet article, cet amour que tu degage pour le metier de sage femme le petit mot de la fin "je souhaite aider" Magnifique. Pleins de douceur, mon reve et de devenir doula in sha
allah je commence la formation en decembre, je me retrouve beaucoup dans ton témoignage et tes ressenti nos deux accouchements son similaires! a BIENTot par courrier in sha allah

unbebebienreel.over-blog.com 20/10/2013 23:06



Qu'Allah te facilite ton projet de devenir doula! :)



oum Zakaria 17/10/2013 15:56

Salam alaykoum
BarakAllahou fiki pour ton témoignage !
Un lien qui devrait t'intéresser incha Allah, http://choisirsonaccouchement.wordpress.com/

unbebebienreel.over-blog.com 20/10/2013 22:09



Wa alaykoum salam!

Barakallahou fiki pour le lien, effectivement, ça m'intéresse! :)