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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 12:44

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Je publie cet article, car je pense qu'il pourra être utile pour certaines qui souhaitent accoucher sans péridurale.

Avec le temps et suite à beaucoup de lectures à ce sujet, j'ai analysé mon premier accouchement et essayé de comprendre les différents points qui m'ont conduit à accepter de prendre la péridurale lorsque j'ai perdu pied, quasiment dilatée à 10.

1.) Mauvais choix du lieu de naissance

J'ai choisi d'accoucher dans ma maternité, là où je travaillais. C'est une très bonne maternité, mais surtout spécialisée dans le suivi des grossesses à risque et donc, hyper médicalisée. Les sages-femmes y sont très compétentes, mais pas du tout formées pour suivre des naissances physiologiques et sans péridurale.

Lorsque je me suis mise à hurler de douleur, la seule chose qu'on m'a proposée, c'était la péridurale. Difficile de refuser lorsque l'on se sent à bout de souffle, épuisée, écrasée par la douleur et si vulnérable.

J'aurais aimé un mot d'encouragement, comme : "Ne t'inquiète pas, tout va bien, tu vas y arriver". Ou qu'on me propose de changer de position, ou n'importe quelle autre alternative, mais pas seulement la péridurale, comme s'il n'y avait plus que cette solution-là.

D'autre part, comme tout était très médicalisé et protocolaire, j'étais immobilisée sur la table d'accouchement entre tous les fils auxquels j'étais rattachée : monitoring en continu, perfusion, tensiomètre... Difficile de bouger dans ces conditions-là..

2.) Idée fausse d'un accouchement linéaire..

Quand je suis arrivée à la maternité et qu'on m'a annoncé que mon col était dilaté à 7, je me suis réjouie. J'ai trouvé que tout s'était passé rapidement et facilement. Et j'ai fait un calcul stupide : j'ai compté le nombre d'heures de contractions pour arriver à 7, je me suis dit qu'il faudrait donc tant d'heures pour arriver à 10 et j'avais dans ma tête imaginé l'heure de la naissance. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça, et quand l'heure que j'avais prévue a été dépassée et que j'ai vu que les choses traînaient, je me suis sentie très découragée.

En fait, ça m'a un peu empêchée de rester dans l'instant présent. Un accouchement ne se passe pas de façon linéaire. Certaines phases peuvent être plus longues que d'autres, pour des raisons physiques ou psychologiques. Parfois, des peurs ou des blocages mentaux peuvent bloquer la progression d'un accouchement à un moment ou à un autre. Il peut aussi y avoir un "obstacle" physique qui ralentit une phase, comme par exemple un bébé trop enroulé dans son cordon qui aura donc du mal à appuyer sur le col en fin de travail...

Bref, il vaut mieux ne pas faire de calcul, ne pas se projeter ou se fixer des objectifs. Mieux vaut rester dans le moment présent.

3.) Trop de retenue

Je pensais que gérer la douleur signifiait rester zen. Je ne voulais pas me mettre à hurler, parce que je ne voulais pas inquiéter BarbeDrue. Et je ne voulais pas non plus hurler devant mes collègues (d'où encore, le mauvais choix du lieu de naissance).

Quand j'ai perdu pied et que je me suis mise à hurler,  j'ai eu le sentiment d'un échec. Et puis, je pense aussi que le fait de vouloir absolument maitriser mon accouchement m'a empêchée de me connecter à ce qui se passait vraiment en moi. J'étais trop dans l'intellect, trop focalisée sur la gestion de la douleur, ne pas crier, ne pas me laisser prendre dedans... J'ai manqué mes instincts primaires..

4.) Méconnaissance de la phase de désespérance

Lorsque j'ai accouché, je ne connaissais pas cette phase-là de l'accouchement. C'est une phase tout à fait normale, en fin d'accouchement. La future maman se sent désespérée, elle a l'impression qu'elle n'y arrivera pas, elle peut avoir des angoisses de mort, etc..

C'est une phase durant laquelle on peut justement être très tentée de prendre la péridurale, mais qui n'est que passagère.

<<Il est facile reconnaître un réflexe typique d’éjection du fœtus. Il peut être précédé par une crainte soudaine et transitoire exprimée en manière irrationnelle (« Tuez-moi », « Laissez-moi mourir », etc…). Dans une telle situation la plus mauvaise attitude serait de rassurer avec des mots. Cette expression courte et transitoire de la crainte peut être interprétée comme le (bon) signe d’une augmentation spectaculaire de dégagement hormonal, y compris l’adrénaline. Il devrait être immédiatement suivi d’une série de contractions irrésistibles. Pendant les dernières contractions puissantes la mère-en-devenir semble être soudain pleine d’énergie, avec une envie d’attraper quelque chose.>> (1)

Si j'avais eu ces connaissances-là, j'aurais peut-être réussi à passer au travers de la phase de désespérance sans avoir recours à la péridurale.

Je parle un peu plus longuement de ces différents concepts dans un autre article : A propos de l'accouchement sans péridurale . J'y ai également compilé de nombreux éléments sur la gestion d'un accouchement sans péridurale, glanés au fil de mes lectures et recherches personnelles.

Voila, en espérant que ces quelques considérations seront une aide de plus pour un bel accouchement, sans péridurale!!


NOTE :

(1) Extrait de l'article de Michel Odent : "Le réflexe d'éjection du foetus et l'art de la sage-femme".

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Published by unbebebienreel.over-blog.com - dans Accouchement sans péridurale
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commentaires

anne-cecile 12/02/2013 20:16

Je suis 100 % d'accord avec toi... pour être une routarde de la gestion de la douleur (8 ans de fibromyalgie, une forme généralisée et invalidante) y'a plein d'infos qui nous manquent en temps que
futures mamans... crier, répéter en boucle une plainte(litanie) etc. sont une réaction naturelle à la douleur, et sont d'EXCEllenTES techniques de gestion de la douleur... je m'en sers déjà quand à
cause de ma patho je douille ma race... et j'ai déjà prévenu la maternité (c'est dans mon projet de naissance MDR : avoir le droit de gueuler et de me plaindre MDR...) c'est très culturel, y'a des
cultures où c'est plus admis que chez nous !!! Surtout cela doit être accepté par les soignants (qui se sentent remis en cause, surtout par les plaintes... mais on veut pas forcément une solution,
juste le droit de verbaliser ! Et les cris... qu'on se maîtrise pas... on a le droit d'être une Monica Sélès de l'accouchement :p)
Pareil pour les phases de peur ou de blocage liés au déroulement parfaitement normal d'un accouchement... au moins savoir qu'on passera par là et que c'est pas juste nous qui avons telle ou telle
crainte ou blocage... qu'est-ce que ça soulage !
Je penserai à toi quand j'en serai à "PUTAIN MAIS PUTAIN JE VAIS JAMAIS Y ARRIVER !!!" pour me souvenir que c'est mes hormones LOL :) pour me foutre un gros coup d'adrénaline et oui me permettre
d'y arriver ;)

unbebebienreel.over-blog.com 12/02/2013 22:43



Oh la la, ma pauvre... Comme tu dis, tu es une vieille routarde de la gestion de la douleur. J'espère que ça aura au moins l'avantage de te rendre la douleur de l'accouchement comme une "vieille
amie".

Et je serai bien contente si tu as une pensée pour moi au moment où tu hurleras, ça voudra dire que je t'ai été un peu utile.. ou pas.. ;) Mais bon, à mon avis, à ce moment-là, tu auras l'esprit
vraiment ailleurs.

En tout cas, tu as raison, tu auras bien le droit de hurler et de te plaindre, c'est tout à fait naturel, et comme tu le dis, ça peut même être une aide. A l'hôpital, c'est juste qu'avec
toutes les femmes qui prennent la péridurale, le personnel n'est pas habitué aux cris, mais tant pis pour eux! ;)

Je te souhaite un très bel accouchement. (et sûrement très bruyant! ;))