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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 15:28

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Voila déja un moment que mes enfants s'intéressent à la géographie, aux pays du monde, etc... La découverte du monde est bien lancée, nous avons procédé en plusieurs étapes. Dans un premier temps, nous avons fabriqué deux globes terrestres, un rugueux, et un autre avec les continents aux couleurs de la pédagogie Montessori.

Normalement, quand on suit la progression Montessori, il y a un déroulé précis concernant l'ordre et la façon de présenter les différents globes terrestres. Il s'agit d'étapes bien définies.

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas suivi ces différentes étapes à la lettre. D'une façon générale, j'aime beaucoup la pédagogie montessori et le matériel qui va avec. Mais j'ai choisi de ne pas faire du montessori pur à la maison. D'une part, parce que je n'ai pas suivi de formation me permettant d'être assez calée sur le sujet, d'autre part car il s'agit d'un investissement financier assez conséquent, qu'il faut de la place pour stocker le matériel, et que j'aime aussi d'autres pédagogies alternatives, ainsi que des apprentissages parfois plus scolaires. 

Pour la géographie aussi bien que le reste des apprentissages de mes enfants, nous mixons un peu de tout. Et tout naturellement, nous utilisons parfois du matériel montessori. 


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Pour la géographie, j'ai tout de même suivi quelques étapes montessoriennes : 

1.) Présentation du globe rugueux.
2.) Activité Eau, Terre, Air.
3.) Comparaison entre le globe rugueux et le globe des continents.
4.) Découverte du monde continent par continent avant d'aborder les pays.

Ma fille était très motivée pour découvrir l'Australie depuis qu'elle avait appris que c'est là-bas que vivaient les kangourous et les koalas. C'est d'ailleurs  cette envie qui m'a fait penser qu'il était temps de se lancer dans la géographie avec elle, lorsqu'elle avait environ 4 ans. 

J'ai trouvé que l'Australie était un bon point de départ pour la découverte des continents, car il s'agit à la fois d'un continent et d'un pays. Bon, l'Océanie est également composée, mais j'ai un peu simplifié.

J'ai choisi d'introduire des personnages "enfants du monde" découpés en amont du "voyage", pour le rendre plus ludique. En cherchant sur le net, j'ai été assez déçue par mes différentes découvertes. Soit les dessins étaient trop spécifiques à une région du globe, soit ils étaient un peu trop stéréotypés à mon goût, ou pas très jolis...

Voici le dessin que j'ai choisi, mais il est loin d'être comme je l'aurais souhaité. Je trouve que pour un dessin censé représenter les enfants du monde, les personnages choisis sont très occidentaux. Quasiment pas d'africains, quelques asiatiques, aucun arabe, aucun musulman...


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Dans l'idéal, pour l'Amérique, j'aurais mis un amérindien. J'aurais mis plus de pays africains. J'aurais également mis des pays musulmans. Bref.
  
J'ai pensé que la découverte des différents pays et continents serait plus ludique si la petite fleur était "accompagnée". Nous avons donc fait connaissance avec la petite fille australienne (qui aurait pu avantageusement être une aborigène, mais bon, ce n'était pas le parti pris des concepteurs de cette planche..), que ma fille a choisi d'appeler "Fleur".

Ma fille a beaucoup aimé également la petite fille péruvienne, qui ressemblait selon elle à une princesse. Elle l'a nommée Flora, et a décidé que Fleur ferait découvrir l'Australie à Flora, par le biais des petites cartes que j'avais préparées.

La poussinette sait depuis un moment reconnaitre l'Australie sur son petit globe terrestre. Il était temps pour elle de découvrir des images du pays.

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J'ai selectionné 18 photos (entre autres koala, kangourou, foret d'eucalyptus, mimosa, paysages, etc...) que je lui ai présentées sous forme de cartes plastifiées et légendées pour lui faire découvrir le pays. 4 de ces cartes introduisent la culture aborigène. J'aime commencer par le commencement avec les enfants. Si je parle d'Australie, les aborigènes me paraissent prioritaires sur la culture occidentale, tout comme si je parle de l'Amérique, je vais donner la priorité aux amerindiens, etc...

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J'ai quand-même présenté aussi la ville de Sydney et son opéra (deux cartes sur le lot), un peu incontournables. Mais j'ai surtout mis l'accent sur la nature (faune et flore) et la culture aborigène. La culture occidentale, c'est un peu partout pareil, c'est la colonisation, la mondialisation, ça ne me plait pas tellement et les enfants auront bien le temps de le découvrir par la suite...

Nous avions sous la main un livre présentant les maisons du monde, ma fille en a profité pour faire un petit tour du monde avec les enfants découpés... J'aime bien observer mes enfants prendre en main les activités et les détourner selon leurs inspirations du moment! :)


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Nous avons lu également quelques livres pour enfants sur l'Australie, trouvés à la médiathèque.

Un livre inspiré de l'art aborigène, très esthétique

Un livre inspiré de l'art aborigène, très esthétique

Des contes aborigènes, un peu difficiles d'accès pour les plus petits

Des contes aborigènes, un peu difficiles d'accès pour les plus petits

Cet article est ancien et traînait depuis presque deux ans dans mes brouillons... Entre temps, nous avons "visité" d'autres continents, j'en reparlerai peut-être à l'occasion. Et chez vous, la découverte du monde se passe comment? :)

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 15:01

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En occident, deux postulats s’opposent sur la nature de l’enfant. Cela implique deux conceptions radicalement différentes de la façon dont les parents sont supposés se comporter avec leurs enfants.

1er postulat : Rousseau : « L’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt. »

2ème postulat : Freud : « L’enfant est un pervers polymorphe. »

Freud et la vision européenne de l’enfant :

Selon Freud, les parents doivent mettre des limites à leurs enfants et leur imposer des frustrations afin de maîtriser leurs pulsions (qui sont d’après lui purement sexuelles).

J’ai étudié Freud pendant tout un trimestre de philosophie. J’ai été dégouttée par ses théories fumeuses et j’ai su d’emblée qu’il ne serait jamais une référence pour moi.

Parmi ce qui m’a atterrée dans ce qu’on nous a enseigné (je n’ai rien inventé, c’est mon prof de philo qui nous l’a expliqué…) :

Selon Freud, l’allaitement maternel est un acte sexuel entre l’enfant et sa mère…

Toujours selon lui, les petites filles rêvent d’avoir un pénis pour séduire leur mère. Puis, lorsqu’elles découvrent qu’elles n’en auront jamais, vers trois ans, elles tentent de séduire leur père à la place… (Le fameux complexe d'Oedipe.)

C’est lui également qui a défini toute une série de ce qu’il appelle des « castrations » dans le développement de l’enfant : la naissance avec la section du cordon ombilical, le sevrage, la maîtrise des sphincters et le retrait des couches, etc…

Ces théories sont à l’origine de la si célèbre expression : « Il faut couper le cordon ! »

Il est vrai que beaucoup de jeunes enfants disent vouloir se marier avec leur parent de sexe opposé. Mais imaginez-vous vraiment qu'ils puissent donner une connotation sexuelle à une déclaration aussi naïve?


Toute une frange de la mentalité européenne a été modelée autour de ces idées très discutables, que partagent des psychologues médiatiques comme Marcel Rufo. Ce dernier, qui aime faire parler de lui avec ses déclarations choquantes a écrit : « Prolonger l’allaitement maternel au-delà de 7 mois est un véritable abus sexuel. » (1)… Une idée totalement freudienne.

Des idées partagées aussi par des femmes telles Badinter, qui dit quant à elle : « Le lien érotique entre la mère et l’enfant ne se limite pas aux satisfactions orales. C’est elle, qui par ses soins, éveille toute la sensualité, l’initie au plaisir, et lui apprend à aimer son corps. La bonne mère est naturellement incestueuse et pédophile. » (2)

Je fais une parenthèse un peu hors sujet, car j'ai appris récemment que Badinter travaille activement pour (entre autres) Nestlé et Pampers : elle est présidente du conseil de surveillance de Publicis, l'une des plus grandes agences de publicité du monde. Elle est d'ailleurs la deuxième actionnaire du groupe. Ses pseudo déclarations féministes pour "libérer les femmes du carcan de la maternité, de l’allaitement et des couches lavables" sont en réalité de la publicité masquée. Elle a des intérêts financiers en tant que principale actionnaire à ce que les mamans mettent des couches jetables à leurs bébés et qu’elles leur donnent des biberons de lait artificiel. Elle ne vise en aucun cas l'intérêt des mères, des enfants et des familles. (Fin de la parenthèse.)

Je suis effarée de constater à quel point Freud reste une référence dans le monde occidental, malgré le fait que ses théories, si on les étudie en détail, apparaissent tellement dégoutantes et absurdes. Freud lui-même étant un pervers, j’ai du mal à concevoir qu’on veuille façonner la société à l’image de ses théories. Comment peut-on lui faire confiance en matière d’éducation et de psychologie infantile alors qu'il était un père incestueux ??

Si on arrive à admettre que les théories freudiennes ne sont pas fondées, cela remet en cause énormément de façons de faire et de représentations dans l’éducation des enfants à l'occidentale. Je pense notamment aux fameuses frustrations qu’on veut nous faire imposer à nos enfants.

Pour plus d’éléments sur les zones d’ombres de la théorie des pulsions de Freud, je vous conseille vivement de lire cet article très intéressant du site les-supers-parents.com :

http://www.les-supers-parents.com/sigmund-freud-et-notre-obsession-a-poser-des-limites-aux-enfants/

Ce que dit l’Islam :

l’Islam n’a pas attendu Rousseau et Freud pour trancher sur la question : Il est mentionné dans le Coran que chaque enfant naît en état de Fitra (nature saine), et que naturellement, il aime la droiture. Ce sont les gens qui s’occupent de lui et ses expériences personnelles qui vont l’orienter dans un sens ou un autre. Donc en étant musulman, nous ne pouvons accepter le postulat de Freud.

Pas de théorie des pulsions chez nous. Nos enfants sont bons par nature, ils sont nés en état de Fitrah. Ils ne sont pas de petits pervers comme on essaye de nous le faire croire. Ils méritent tout notre amour et tout le lait de leur mère. (D’ailleurs, la tradition prophétique est d’allaiter 2 années lunaires.) Aucune nécessité à couper le cordon, c’est déjà fait depuis l’accouchement.  

Et Allah est le plus savant.


Notes :

(1) : M. Rufo : « Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de votre enfant. », Ed. Anne Carrière
(2) : E. Badinter : « XY de l’identité masculine », 1992 Ed Odile Jacob, Le livre de poche p. 76

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 14:32

 

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« Dans n’importe quel environnement, le degré d’inventivité et de créativité aussi bien que la possibilité de découverte sont directement proportionnels au nombre et à la sorte de variables qui s’y trouvent. » Simon Nicholson, architecte.

Ces derniers temps, je lisais souvent le terme de loose parts au sujet de diverses activités pour les enfants, sans réussir à comprendre vraiment de quoi il s’agissait.

Comment traduire "loose parts" en français ? J’ai opté pour "pièces libres" bien que ce ne soit pas exactement le bon terme. C’est plus simple que "parties libres desserrées" et plus joli que "pièces détachées".

Suite à mes recherches, je n'ai trouvé que des articles en anglais sur le sujet... D'où un article en français, en espérant que je retraduis bien l'esprit de cette théorie.

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Que peut-on catégoriser comme pièces libres ?

Pour les enfants en âge préscolaire (moins de 6 ans), les pièces libres sont les éléments qui peuvent être déplacés, portés, combinés, reconçus, alignés, détournés, démontés,  et recombinés à nouveau ensemble.

Il s’agit de matières ou d’objets sans ensemble spécifique qui peuvent être utilisés seuls ou combinés avec d’autres matériaux. Ils peuvent être naturels ou synthétiques. On peut les proposer aux enfants pour un jeu libre. Quelques exemples :

Sable, plumes, graviers, tissus, brindilles, bois, boules, seaux, paniers, caisses, boites, journaux, pneus, cosses, coquillages, pommes-de-pin, cubes, sacs… La liste est bien-sûr loin d'être exhaustive!

Pourquoi des pièces libres ?

Il y a beaucoup de raisons d’inclure des pièces libres dans l’espace de jeu des enfants :

Les parties libres peuvent être utilisées de la façon dont les enfants souhaitent et s’adapter à beaucoup de jeux.
Elles favorisent la créativité et l’imagination.
Elles développent beaucoup plus d’habiletés et de compétences que la plupart des jouets en plastiques modernes.
Elles peuvent être adaptées et manipulées de façon quasiment illimitée.
Elles encouragent à l’apprentissage fini ouvert.
Les enfants eux-mêmes choisissent souvent des pièces libres en priorité sur les jouets élaborés.
Les pièces libres sont jolies et poétiques.
La plupart d'entre elles sont bon marché, voir même souvent gratuites!


Les enfants n’utilisent pas toujours les objets de la façon dont les adultes s’y attendent. Les pièces libres peuvent être parfois complètement détournées pour devenir le support d’un jeu. (Par exemple, un foulard peut être tour à tour un couvre-chef, une couverture, un hamac pour les poupées, une corde, etc, sans limite.)

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La théorie de Nicholson

L’architecte Simon Nicholson a parlé le premier de la théorie des loose parts en 1972. Il partait du principe que c’étaient les pièces libres de notre environnement qui développaient notre créativité. Selon lui, les pièces libres, pouvant être déplacées, conçues, reconçues et remaniées engendraient infiniment plus d’occasion de développer la créativité que des matériels statiques. Globalement, plus de matériels sont là, plus les personnes peuvent interagir.

Nicholson étant un architecte, il repensait essentiellement les équipements de la cour de récréation, remplaçant les équipements de jeu statiques par des pièces libres fusionnantes pour entraîner la créativité naturelle des enfants et leur esprit d’invention.

Nicholson pensait que la créativité n’est pas un don que peu de gens possèdent. Il partait du principe que tous les enfants sont des êtres créatifs, curieux de découvrir le monde et extrêmement motivés pour expérimenter et découvrir de nouvelles choses.

« La créativité est pour l’homme doué : les autres sont contraints de vivre dans des environnements construits par le doué, écouter de la musique produite par doués, utiliser des inventions de doués et pareillement pour l’art : lire les poésies, des fantaisies et des pièces jouées par le doué.

C’est ce que notre éducation et notre culture nous conditionne à croire et ceci est un mensonge culturellement induit et perpétué. »
(La théorie des loose parts : un principe important pour la méthodologie du design, 1972)

Si vous considérez l’enfant comme un être curieux et créatif, compétent et capable, intelligent et entier, vous créerez les environnements que ceci reflète.

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Les enfants apprennent plus facilement dans un environnement de type laboratoire où ils peuvent expérimenter, s’amuser et découvrir des choses qui les intéressent.

Un environnement riche en matériel ouvert et réel invite les enfants à expérimenter, construire, inventer, bricoler, manipuler et jouer.


Nicholson nous encourage à repenser l’environnement des enfants. Quelle part de ce matériel/activité/jouet permet d’inventer ou a été inventée par un autre ? A quel point l’enfant peut-il innover ?

Nous devons faire pencher la balance en la faveur des enfants. Laisser de la place à chacun d'eux pour inventer, détourner,  réinventer, déconstruire et laisser éclore sa propre créativité.

Ceci est la théorie des loose parts.

Notes :

(1) : Sources essentiellement tirées de deux sites anglophones :

- letthechildrenplay.net
- aneverydaystory.com

(2) : photos 1 et 2 prises à la maison, jeux libres.
3ème photo trouvée sur nurturestore.co.uk
4ème photo trouvée sur arlittplayscape.wordpress.com


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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 15:40

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Je vous ai parlé hier des deux globes terrestres (tout particulièrement du globe rugueux) que j'ai fabriqués pour la petite fleur.

Récemment, j'ai acheté ce livre, de Eve Hermann :

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"Mes activités Montessori - Un cahier pour enrichir le vocabulaire, découvrir la nature et le monde.", Ainsi que "100 activités Montessori pour découvrir le monde", de la même auteure.

C'était exactement ce dont j'avais besoin ces temps-ci, et c'est de ces lectures que m'est venue l'idée d'introduire les globes terrestres. Les activités sont séparées en plusieurs catégories, dont une est : Géographie.

J'ai décidé de commencer par le tout commencement, pour tâter un peu le terrain du côté de la petite fleur. Serait-elle intéressée? Et puis, il faut voir sur le long terme. Quand je propose une nouvelle activité, elle est toujours super motivée, mais l'intérêt n'est parfois que passager.

C'est en partie pour cela que j'ai préféré ne pas investir trop du côté des différents globes terrestres montessoriens, de peur que ça ne soit pas encore le bon moment.

Depuis longtemps, j'avais envie de proposer l'activité "Eau, terre, air" à ma fille. J'avais envie d'avoir de belles images, montrant des éléments terrestres qu'elle ne connaissait pas forcément bien. Je souhaitais éveiller sa curiosité et lui montrer que le monde est vaste, varié et beau. (Et encore bien plus que tout ce que je pourrais lui montrer, mais c'est une autre histoire...)

Pour l'activité suivante, j'ai suivi la marche à suivre présentée dans le livre d'activité, mais j'ai préféré faire moi-même les différentes images, car j'avais une idée précise de ce que je voulais. Le livre propose de petites images à découper, qui sont mignonnes, mais pas tout à fait comme je voulais : Je souhaitais de vraies photos, en couleurs, et des images qui me parlaient particulièrement. Par exemple, pour les images de l'eau, j'ai intégré une image sur la petite ablution.

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La première fois que l'on fait cette activité est particulièrement intéressante, car l'enfant effectue des manipulations spéciales et je voulais qu'elle se passe bien. J'ai donc préféré la faire alors que le girafon faisait la sieste.

J'ai présenté le globe rugueux à la petite fleur. Je lui ai fait une présentation en lui disant qu'Allah avait créé la planète terre ou nous vivons. Qu'Il y a mis beaucoup d'eau, où vivent les créatures marines, des continents de terre sur lesquels nous vivons, et de l'air tout autours que nous pouvons respirer.

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Je l'ai laissée manipuler le globe rugueux, le regarder autant qu'elle voulait, le toucher, me montrer des choses. Je lui ai montré où nous habitions sur la planète, et elle a aussi voulu voir l'Australie.

Puis, je lui ai dit que nous allions prélever un échantillon d'eau, un échantillon de terre, et un échantillon d'air.

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J'ai utilisé les étiquettes autocollantes fournies par le livre d'activité pour étiqueter les petits pots remplis d'échantillons. J'ai également collé sur les couvercles des gommettes de couleurs différentes pour l'autocorrection.

Puis, je lui ai donné les cartes. Bon. J'en ai fait beaucoup, de ces cartes : 36 en tout, 12 pour chaque élément. Pour un enfant de 4 ans, c'est énorme, mais pour les prochaines répétitions de l'activité, je pense lui en donner la moitié, en tout cas pour commencer.

Là, c'était différent, car il s'agissait plutôt d'une présentation, nous avons fait l'activité ensemble, et donc avec toutes les cartes.

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Et ensuite vient l'autocorrection. La petite fleur retourne les cartes et trouve au dos la gommette correspondant à l'échantillon prélevé. Ce qui lui permet de constater par elle-même si elle s'est trompée ou non.

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Chaque image était l'objet de questions, de réflexions et d'explications. La petite fleur m'a ouvert les yeux sur plusieurs points. Certaines images ont peut-être été un peu mal choisies de ma part, et pouvaient être posées à différents endroits, comme par exemple celle du volcan, que j'associais à la terre, mais sur laquelle il se reflète dans un lac, donc potentiellement reliable à l'eau...

Bref. Une activité pour découvrir le monde, les éléments qui le composent, ses particularités, sa beauté, et une façon ludique d'élargir notre vocabulaire.

Nous avons déjà refait l'activité, avec moins de cartes, et c'est toujours un moment durant lequel les questions fusent. 

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 14:33

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Je n'ai jamais aimé la géographie, alors que j'aurais pu trouver cela passionnant...

Je crois que c'est en grande partie parce qu'on m'a toujours présenté des activités rébarbatives en me disant que c'était de la géographie. Parmi mes premiers souvenirs de cette matière-là, je me revois en train d'apprendre par coeur le nom et le tracé de toutes les rivières et affluents de Suisse. Ca n'avait aucun intérêt pour moi, ça m'a pris du temps, j'ai eu une bonne note au contrôle, et puis, j'ai tout oublié.

Je n'ai pas de souvenirs vraiment différents. La géographie à l'école, c'était toujours des apprentissages par coeur : Les noms des différentes capitales du monde, les différents pays, les montagnes, les chiffres de l'économie, le PIB, etc... Je n'aimais pas ça, et je n'en ai presque rien retenu.

Maintenant, c'est différent. J'associe la géographie avec les voyages. J'aurais aimé qu'on me la présente ainsi lorsque j'étais écolière. Découvrir de nouvelles terres, de nouveaux paysages, de nouvelles cultures, goûter des saveurs nouvelles, découvrir des épices, des sons, une nouvelle langue, des gens... C'est beaucoup plus vivant et motivant...

Et d'une façon plus générale, découvrir le monde, son fonctionnement, sa réalité physique...

En me renseignant un peu, j'ai lu et vu à plusieurs reprise que Maria Montessori proposait un globe rugueux pour les débuts de la géographie. Une sphère, que l'enfant tient dans ses mains, qu'il manipule et sur lequel il ressent tactilement les zones de terre rugueuses, et les étendues d'eau, bleues et lisses.

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L'idée m'a plu. Le prix un peu moins. J'envisageais un moment d'investir dans un globe rugueux, puis dans un globe avec les différents continents aux couleurs montessori, puis dans un globe terrestre classique. Mais j'ai vu les prix, et je me suis dit que non.

J'ai finalement décidé de les construire moi-même. Drôle d'idée, surtout quand on connaît ma maîtrise du sujet... Mais j'ai quand-même tenté. C'était un gros défi pour moi, je ne savais pas du tout ce que ça allait donner. Ca ne m'a quasiment rien coûté, car j'avais déjà tout ce qu'il fallait à la maison :

- ballons de baudruche
- papier journal
- colle blanche
- peinture
- crayons
- sable

J'ai fait également quelques photocopies pour avoir les planisfères et les continents à découper. (1)

Le reste, voila :

J'ai proposé à la petite fleur de m'aider à coller le papier journal sur les ballons. Elle était toute heureuse que nous construisions ensemble la planète terre, et très impatiente d'avoir le résultat fini. J'ai terminé le collage seule, car c'était beaucoup plus long que ce que j'imaginais. Ma fille s'est lassée vers le milieu de l'activité.

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Ci-dessous, le sablage, les photos sont un peu moches car j'ai fait ça un soir après avoir couché les enfants. Avec le recul, je pense qu'il aurait été plus simple de sabler après avoir découpé les continents.

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Ballons de baudruche peints, continents coloriés aux couleurs montessoriennes et découpés.

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Finalisation des deux globes : encore un soir après le couché des enfants.

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Je suis plutôt contente du résultat. Il y a des points positifs, et négatifs :

- Comme je le disais plus haut, ça ne m'a quasiment rien coûté.
- J'ai eu le résultat que je souhaitais : Des sphères plutôt rondes, mais pas à la perfection, un globe rugueux et un autre aux couleurs montessori.
- Niveau précision, ce n'est pas génial.
- Cela m'a pris beaucoup de temps. Il m'a bien fallu 5 jours pour arriver au bout du projet.
- Je ne pense pas que ça durera très longtemps. Mieux vaut éviter de s'assoir dessus ou d'essayer de jouer au foot avec, ce qui risque bien d'arriver un jour ou l'autre...
- Ca m'a permis de faire un peu de géographie de façon très concrète et tactile. (oui, c'était une bonne chose pour moi!)
  
La petite fleur, quant à elle, en est très contente. Elle a enfin la planète terre entre ses petites mains. J'espère que cela participera à lui faire ressentir la géographie comme quelque chose de vivant, de riche et d'intéressant.


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La deuxième partie de nos petits pas géographiques suivra bientôt, incha Allah.


Note :

(1) : Les planisphères et continents découpés sont issus du livre : "Mes activités Montessori - Un cahier pour enrichir le vocabulaire, découvrir la nature et le monde." de Eve Hermann

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 15:44

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Cette année, BIC lance plusieurs nouveautés pour la rentrée, et la marque nous a proposé de nous faire tester quelques échantillons de la nouvelle gamme BIC Kids, conçue pour les enfants apprenant à écrire. 

Je vous propose donc de vous présenter le petit colis que nous avons reçu :

P1180036   P1180038
Il comprend un porte-mine et un stylo-à-bille. 

Ce qu'on remarque de suite sur les deux modèles, c'est une ailette jaune autours de laquelle l'enfant est invité à positionner le pouce et l'index, et une butée, c'est-à-dire une forme légèrement incurvée qui pousse à positionner les doigts vers l'avant du stylo, mais pas trop, pour éviter que les doigts ne cachent l'écriture. (voir photos ci-dessous)

P1180229.JPG   P1180228.JPG

Ils sont un peu plus petits que des stylos classiques. Je ne pense pas que BIC soit la seule marque à faire des stylo de cette dimension-là, mais je dois dire que la grandeur m'a parue plutôt bien adaptée. Pour vous donner une idée de la taille, voila le fameux stylo 4 couleurs de la même marque, entouré par les BIC Kids.

P1180227-copie-1
Pour les avoir eu en main, je trouve que c'est vrai que leur forme guide bien les doigts pour une position d'écriture correcte. Mais bon, j'y suis habituée depuis longtemps, à cette position!

Je me rappelle en septembre passé, la toute première matinée d'école de la petite fleur. A peine arrivée dans la salle de classe, elle s'était assise à une table avec le nécessaire pour dessiner. Elle venait juste d'attraper un feutre et de le prendre à pleine main, quand l'atsem était venue pour lui montrer le geste correct pour tenir un feutre ou un crayon. Un geste que je n'avais jamais eu l'idée de lui apprendre à la maison...

Depuis, le geste est devenu naturel, pas forcément très souple, mais juste.

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Sur cette photo ci-dessus, elle tient le stylo-à-bille exactement comme il est prévu : les doigts entourant l'ailette jaune, et s'arrêtant au niveau de la butée, c'est-à-dire pas trop en avant sur le stylo.

Bon, pour être honnête, la prise en main de ce stylo n'est pas complètement intuitive pour un enfant de cet âge-là. Si on ne lui dit rien, il prend le stylo par n'importe quel côté, ailette au bon endroit ou pas. Mais c'est vrai que la forme de la butée fait que les doigts sont bien positionnés, ni trop près de la pointe du stylo, ni trop loin.

On peut voir par exemple sur la photo ci-dessous que lorsqu'elle a pris le porte-mine sans que je lui rappelle de mettre ses doigts de par et d'autre de l'ailette, elle n'y a pas pensé d'elle-même. La position des doigts demeure correcte, mais l'ailette est un peu passée à la trappe.

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Je pense que cette ailette est une aide pour les enfants, dans le sens qu'elle leur donne une possibilité d'autocorrection. Mais je crois que lors de l'écriture, les habitudes peuvent revenir, et l'ailette sera vite oubliée dans l'action.

La preuve par l'image :  
   
P1180255.JPG   
Ci-dessus, on voit que les doigts se chevauchent un peu et l'ailette a été un peu oubliée. Cette photo a été prise le premier jour d'essai, peut-être qu'après plusieurs jours d'utilisation, la prise en main et la position des doigts s'adaptent et deviennent une habitude automatique. D'ailleurs, deux jours plus tard, lorsque la petite fleur a réessayé les stylos, elle m'a dit d'emblée qu'il fallait placer le pouce et l'index autours de l'ailette.

Je pense que le vrai plus de la gamme BIC Kids réside dans sa forme incurvée, qui pousse l'enfant à tenir le stylo à bonne distance de la mine. J'ai bien aimé aussi que la mine du porte-mine soit plus épaisse que ce qu'on trouve en général, ça rassure sur sa solidité.

L'ailette est également une bonne idée, car comme je le disais, elle permet l'autocorrection par l'enfant. En effet, c'est très visuel et une fois que l'enfant à compris comment procéder, il retrouve facilement par lui-même la bonne position autours de l'ailette. Par contre, ce n'est pas spécialement intuitif, dans un premier temps en tout cas, il faut que l'enfant (et les parents) y soit attentifs.

Pour les moins motivés, je pense qu'ils continueront à tenir leur stylo ou porte-mine de façon farfelue, mais au moins, à la bonne distance de la pointe d'écriture, car comme je l'ai déjà dit, je trouve que c'est le véritable plus de cette nouvelle gamme! :)

De notre côté, cela nous a permis de reprendre le graphisme, qui ces derniers temps n'était plus vraiment une priorité pour la petite fleur. Grâce à l'arrivée des nouveaux stylos et d'un superbe livre d'activités graphiques, elle est de nouveau super motivée!

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 14:55


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Ca y est, c'est officiel, c'est le printemps!

Ca faisait déja plusieurs semaines que le soleil et les plantes nous l'annonçaient, mais c'était trop tôt, je n'osais pas me réjouir trop vite. Je regardais les petites pousses un peu partout, qui arrivaient si vite, après un hivers un peu trop doux. Je me disais qu'un coup de froid pouvait encore arriver. 

Mais il n'est jamais venu. Les arbres sont entourés d'un léger nuage vert, promesse d'une prochaine verdure tout autours de nous. Les jonquilles, les crocus, les jacinthes, les muscaris... Le merle qui chante, accompagné des mésanges et du rouge queue noir...

Cette année encore, je me lance dans les expérimentations potagères. Forte de mes erreurs passées et des découvertes faites sur le tas, mais sans grande prétention. Les premiers semis sont faits!

Cette année, nous n'achèterons rien. Notre futur balcon étant très riquiqui, nous ne sommes donc pas motivés pour des investissements. Et de toute façon, nous avons toutes les graines nécessaires.

Le seul point négatif, c'est que nous allons garder notre vieille terre de l'année passée, ce qui est une mauvaise stratégie en matière de jardinage. D'une part parce que la terre déja utilisée a perdu une partie de ses nutriments et donc que les plantes qui y pousseront seront plus fragiles. D'autre part car certaines de nos plantation de l'année passée ont été victimes de champignons (oïdium). Il aurait été souhaitable de jeter toute la terre en contact et de désinfecter le pots. Mais tant pis. 

De l'année passée, il me restait encore des graines de courge butternut, que j'avais prélevées directement dans une courge bio. Elles ont germé à merveille cette année aussi, par la bénédiction d'Allah. 

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J'avais aussi encore énormément de graines de calendula officinalis (ou plus communément fleurs de souci) que nous avions récupéré sur les fleurs l'année passée. J'avais un peu peur de ne pas forcément les avoir prises au bon moment, mais je me tracassais pour rien du tout : elles poussent à toutes vitesse!

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J'avais choisi de semer les graines dans le pot où j'avais placé les calendula l'année passée. En quelques jours d'arrosage, elles ont germé, ainsi qu'une multitude d'autres graines qui s'étaient auto-semées. Allah a mis une force dans la nature et dans la vie qui dépasse de loin tout ce qu'on peut imaginer... Du coup, un peu bêtement, je me suis retrouvée à retirer des pousses de part et d'autre, pour éclaircir le pot... J'en ai donc replanté dans le pot d'à côté, ça nous en fera deux fois plus que l'année passée.

J'en suis plutôt contente, les calendula ont été la bonne surprise de l'été passé : Ils provenaient d'un échange de graines, de moi-même je n'aurais pas pensé à cette variété de fleur. Ils ont super bien poussé et la floraison a duré quasiment 5 mois. Les fleurs sont colorées, variées et ensoleillées, et ont attirés tous les ravageurs du balcon, protégeant nos tomates et plantes aromatiques de toutes sortes de chenilles et pucerons. Ce qui nous a également permis d'observer avec les enfants cette toute minuscule faune sous une multitude de formes... :)

Nos fraisiers des quatre saisons ont supporté l'hivers et sont en train de repartir, nous avons déja des fleurs... :)

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Et même, quelques fraises...

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J'ai semé également des tomates cerises, en attendant de voir si nos variétés de l'année passée repousseront d'elles-même comme elles l'avaient fait les deux printemps précédents... 

Voila pour commencer, le reste suivra. Je me demande ce que donnerons nos plantations. La germination est une étape que je trouve complètement fascinante et merveilleuse. Elle me renvoie puissamment à la force vitale, et l'intelligence qu'Allah a mis sous nos yeux dans la nature. Aussi bien la conception d'un petit être et sa maturation dans le ventre de sa mère m'émerveille, la croissance d'une façon générale est porteuse d'espoir et de joie à mes yeux. Voir une plante sortir de sa graine, verdir et s'élever vers le soleil pour profiter de sa lumière, quel appel à la contemplation et à la méditation sur la création...

Macha Allahou kan. La période durant laquelle je me précipite tous les matins et plusieurs fois dans la journée sur le balcon pour observer l'évolution de mes protégés est arrivée!

Après, reste à voir la maturation, tout aussi intéressante et importante. C'est à mon sens le plus difficile, car il faut gérer des "crises". Les prédateurs sont nombreux, comme je le disais plus haut. Pucerons, chenilles, champignons, arrosage à doser... (Dois-je compter le girafon de moins de deux ans dans le lot?? - Mmm... Je crois que oui!!) Et la gestion du tout avec des moyens non toxiques, écolos et... pédagogiques!!! :)

Les défis sont lancés. Qui me suit?? ;)

Photos :

- Crocus près de chez nous
- Graines de courge butternut, germination et plantation
- Petite pousse de calendula
- Un de nos fraisiers des quatre saisons.

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 15:09

   

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Avant de vivre en région parisienne, je n'avais jamais réalisé à quel point j'ai besoin de verdure...

Quand j'habitais Genève, j'étais toujours à 5 minutes à pied des champs. J'allais y courir, les soirs d'été, avec mes voisines. Je respirais l'air frais. C'était le moment où les fermiers arrosaient les champs, nous respirions les odeurs de terre et de plantes, qui semblaient se mettre à respirer elles aussi. L'atmosphère était chaude et humide, nos yeux se remplissaient de vert, de fleurs, d'insectes, d'oiseaux, de chats en balades, et du salève en arrière plan. Il n'était pas rare de croiser la route d'un renard ou d'un hérisson lorsque nous tardions un peu pour rentrer...

En fin d'été, la vigne était pleine de raisin. Les tournesols commençaient à faner, le maïs était mûr, les courges prenaient leur couleur. Tout était vivant, frais, sentait bon.

Maintenant que je vis en pleine ville (et quelle énorme ville), je suis passée par une phase de manque. Puis j'ai appris à profiter de la nature sous toute ses formes. En un instant fugace, ou en quantité limitée. Je suis devenue très attentive. Ce qui autrefois m'aurait échappé me saute aux yeux. Un oiseau, une pousse, un arbre qui dépasse sur une terrasse.. Je vois tout, et même, je les cherche.

La poussinette ramasse toutes les feuilles et tous les marrons qu'elle veut dans les parcs. J'ai le projet de nous lancer dans le land art en pleine ville (enfin, dans les parcs), mais il va falloir que le girafon soit un peu plus collaborant. (Pour l'instant, c'est un peu godzilla en pleine ville, mais version miniature...) 

Et c'est donc aussi tout naturellement que nous observons la faune et la flore depuis chez nous. Nous avons la chance d'avoir un petit jardin dans la cour sous notre balcon (de l'herbe, un arbre et des buissons), et d'habiter très près de trois parcs publics. Du coup, il y a de la faune! :)  Et étonnamment, c'est en hivers que l'on voit le plus de sortes d'oiseaux depuis chez nous.

Voila ceux que l'on peut observer :

Très communs :

- Des pigeons
- Des tourterelles
- Des pies
- Des corneilles
- Des moineaux
- Des merles (qu'est-ce que j'aime le chant du merle...)

Plus occasionnels :

- Un rouge-gorge qui vient de temps en temps sur notre balcon!
- Un pic-vert à peine visible dans l'herbe (heureusement qu'il a la tête rouge!)
- Des verdiers d'Europe
- Des mésanges (on ne les voit quasiment jamais, mais on les entend beaucoup!! :))
- Des mouettes, mais assez loin (on n'est pas très loin de la Seine)

Voila une tentative de photo du rouge-gorge sur le balcon, en zoom et derrière la vitre. Comme il ne tenait pas en place, ça fait forcément une photo plus que médiocre...

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On a aussi un furet ou une fouine qui se balade la nuit en bas de chez nous (mais lui, on le voit surtout les nuits d'été)!

La nature me manque tellement, que je fais souvent des écoutes actives avec les enfants. Nous avons des cd avec des sons enregistrés dans la nature : La ferme, les bords de mer... Parfois, je les mets comme des fonds sonores, parfois nous essayons ensemble de reconnaître les bruits, les différents animaux, en regardant des images associées.

Nous dévorons aussi les livres d'Anne Crausaz, dont le fameux "Premiers printemps". Les livres aussi aident à passer l'hiver et le manque de verdure! :)

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Cette année, comme le temps est particulièrement doux, on entend souvent le merle chanter, même en plein mois de janvier. Je ferme les yeux et je me sens déja au printemps...

L'hiver, on ne profite pas des plantations sur le balcon, mais on observe quand-même la nature, le plus souvent possible, comme on peut. En fait, même en pleine ville, la nature est partout.

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 13:37

   


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Il n'y a encore pas si longtemps que ça, je ne connaissais rien à l'instruction. Je ne connaissais pas les différentes pédagogies. Montessori, Steiner, Freinet... Ces noms ne me disaient pas grand-chose.

Et puis, une de mes meilleures amies a fait une formation montessori, et m'en a parlé. Elle m'a ouvert son univers, m'a montré sa maison, son organisation. Elle m'a parlé des principes, de l'autonomie de l'enfant dans ses apprentissages. De respecter son élan vital d'apprentissage. Des différents matériels de cette pédagogie.

Je ne suis devenue une experte dans aucune des différentes pédagogies citées plus haut. Mais cela m'a ouvert les yeux sur les possibilités pour nos enfants. J'ai la chance d'avoir des personnes de référence à qui je peux poser toutes mes questions. J'apprends énormément, et c'est très passionnant. Je découvre le potentiel immense de l'accompagnement de l'apprentissage. Quel dommage que le budget des écoles publiques ne permettent pas d'en faire profiter tout le monde...

Le début du BéaBa :

Chez nous, l'apprentissage de l'alphabet, de l'écriture et de la lecture est bel et bien lancé. Tout a commencé il y a un an. La petite fleur a reçu un livre puzzle avec alphabet détachable. Pour tout dire, quand nous avons reçu ce livre, j'étais assez sceptique. Je me disais que ma fille allait passer son temps à détacher les petites lettres, et que de mon côté, je passerais mon temps à les ranger. J'imaginais déjà une technique pour le faire disparaître peu de temps après. (Oui, je sais, ce n'est pas gentil!!!)

Il s'agissait de ce livre :

"L'alphabet", de Jacques Beaumont


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Il s'est avéré qu'effectivement, la petite fleur a énormément aimé détacher les lettres. Le premier soir après avoir reçu ce livre, nous étions chez ma mère. La lettre F est tombée par terre. Le chien de ma mère s'est précipité, l'a attrapé et s'est mis à le croquer. BarbeDrue et moi, on s'est regardé, un peu atterrés. Le chien est parti en mâchouillant la lettre, puis on n'a plus rien entendu, on s'est dit qu'il l'avait avalée. Et puis, quelques minutes plus tard, il a fini par recracher la lettre, toute gondolée et mordillée...

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Ce soir-là, la poussinette a appris que cette lettre faisait le son "fff" comme fleur, fascinée par le fait que le chien avait voulu la manger. Et elle a aussi retenu le son de quatre autres lettres. J'étais très surprise de la facilité avec laquelle elle avait retenu tout cela, 5 lettres en une soirée, et elle n'avait que deux ans et demi. On a donc finalement gardé le livre.

Elle a continué sur sa lancée. Pour lui faciliter l'apprentissage, nous avons fait correspondre les lettres avec les prénoms des gens qu'elle connait, quand c'était possible.

Mon amie montessorienne m'avait également conseillé de ne pas lui apprendre le vrai nom de la lettre, mais plutôt son son. Par exemple, pour la lettre C, on prononce "Keu" pour identifier la lettre, plutôt que de l'appeler "Cé". Cela facilite le passage à la lecture. 

"Prenons un exemple : le mot "sac". Lorsque l'enfant qui connaît l'alphabet cherche à lire "sac" en prononçant le nom de chaque lettre, cela donne : "esse", "aa", "cé", ce qui donne "essacé". En revanche, s'il prononce le son de chaque lettre, il entend "sss", "aa", "Keu", et naturellement le mot "sac" jaillit!" (1)

En deux mois, elle connaissait tout l'alphabet en majuscule bâton.


A ce moment-là, nous avons été pris de doutes... Est-ce que nous étions en train de la pousser à apprendre trop tôt, trop vite, un peu comme un animal bien dressé? Ou est-ce que la demande venait vraiment d'elle? Ne risquait-elle pas de s'ennuyer à l'école, si elle apprenait trop tôt les prémices de la lecture?

Après réflexion, il s'est avéré que la demande provenait réellement d'elle, et que nous ne voulions pas la brider. Suivre l'élan vital d'apprentissage de l'enfant, s'adapter à son rythme. Ne pas la pousser, ne pas la freiner. Répondre à ses demandes. Et donc, l'accompagner selon sa progression. Nous nous sommes équipés au fur et à mesure, en attendant de voir si les supports pédagogiques l'intéressaient ou pas. Lorsque nous estimons qu'une nouvelle étape peut être franchie, nous proposons l'activité, et nous évaluons l'intérêt qu'elle y porte. Si elle semble peu enthousiaste, nous n'insistons pas, et nous mettons l'activité de côté, mais accessible, en attendant qu'elle en ait envie.

Lors de l'apprentissage de l'alphabet en majuscules bâton, n
ous avons introduit deux nouveaux livres pour soutenir son apprentissage :

1.) "L'abécédaire à toucher de Balthazar", de Marie-Hélène Place :

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Ce livre est inspiré de la pédagogie Montessori, et permet à l'enfant d'apprendre à tracer les lettre, avec un contact sensoriel, par le toucher de la lettre rugueuse. En suivant le tracé avec son doigt, il apprend à écrire.

" Les lettres rugueuses permettent d'aborder les lettres dans une expérience complète associant la vue, le toucher et l'ouïe : l'enfant voit, trace et prononce la lettre en même temps, ce qui lui permet d'associer la forme, le mouvement et le son de chaque symbole. Tracer une lettre rugueuse favorise l'approche kinesthésique de l'écriture. Cette appréhension de la lettre par le mouvement permet à son tracé de s'imprimer dans le cerveau de l'enfant." (1)

Selon Montessori, l'écriture précède la lecture, elle y met donc une grande importance dès le début de l'apprentissage. Les lettres rugueuses sont un des éléments faisant partie de son innombrable matériel pédagogique.


Dans ce livre, les consonnes sont présentées sur fond bleu (comme on peut le voir sur l'image ci-dessus), et les voyelles sur fond rouge.

Le livre est très beau, les images sont magnifiques, poétiques, les dessins un peu à l'ancienne et souvent avec une touche humoristique. A conseiller. Sauf la dernière lettre : "Zizi de Zèbre". On ne le voit pas, mais je trouve que c'est un peu limite. Chez nous, on l'a transformé au teep ex et c'est devenu "Zozo le Zèbre".

Dans un premier temps, ma petite fleur n'était pas encore prête à l'utilisation de ce livre. Ce n'est que plus tard qu'elle a commencé à s'y intéresser. Mon amie montessorienne m'avait bien conseillé : "Les lettres rugueuses, pas avant trois ans." Et elle avait raison. Je l'ai donc laissé de côté, mais à portée de main.

2.) "L'alphabet", de Nathalie Belineau et Sylvie Michelet

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Ce livre n'est pas vraiment génial, mais j'ai aimé deux aspects différents :

D'une part, les lettres y figurent sous trois formes : majuscule bâton, scripte minuscule et cursive minuscule (attachée). Je me suis dit que ce serait bien pour la petite fleur de voir côte à côte les différentes écritures pour chaque lettre. Mais finalement, ce point-là s'est avéré peu concluant : ma fille est restée focalisée sur les majuscules bâtons, et ne s'est pas du tout intéressée aux autres formes des lettres.

D'autre part, et c'est je pense le réel intérêt du livre, il présente une foule d'images commençant par la lettre présentée (une lettre par page.) C'est bien pour la conscience phonologique. C'est-à-dire : savoir que telle lettre produit tel son, comme F, cela fait fff, comme Fleur, Fatima, Ferme, etc... Et s'amuser à chercher des mots commençant par cette lettre.

Mon amie montessorienne, toujours la même, m'avait conseillé de bien insister sur cette étape-là, en proposant à la petite fleur  des jeux sensoriels : Faire le son d'une lettre, et s'amuser à sentir les vibrations sur le visage lorsque l'on prononce. Cela peut vibrer sur la bouche, les joues, le nez, dans la gorge, etc...  Etre attentif également à la sensation du passage de  l'air entre les lèvres, les dents, le palais, etc, selon les différents sons.

En vérité, le livre ci-dessus n'est pas vraiment nécessaire pour l'étape clé de conscience phonologique. Mais il présente l'avantage du foisonnement d'images commençant par la lettre. Sauf pour la lettre U. Là, ils ont eu très peu d'inspiration... ;)

Des lettres partout, puis le BéaBa :

Une fois l'alphabet connu, la poussinette s'est mise à voir des lettres partout. Sur le clavier de l'ordinateur, dans la rue : PARKING, sur les livres (tiens, comme c'est étrange!! :)), etc...

Elle les cherchait et les trouvait.

Quelques temps plus tard, elle s'est mise à faire des lettres. D'abord, en mettant des légos perpendiculaires, elle faisait des T.

Elle s'est mise aussi à nous demander d'écrire des mots. Dans la buée sur la vitre de la salle de bain. Sur ses feuilles de dessin. Puis, elle a commencé à écrire des lettres au milieu de ses dessins. Les lettres de son prénom, les unes après les autres. A trois ans, juste avant d'entrer à la maternelle, elle s'est mise à écrire son prénom.

Pendant plusieurs mois, son intérêt s'est porté sur l'alphabet, avec plus ou moins d'acharnement selon les périodes.

Et voila qu'il y a quelques semaines, la petite fleur s'est mise à déchiffrer!!! Elle a compris comment assembler une consonne avec une voyelle, et commence à lire les mots simples, genre SAC, BOL, PAPI, etc...

Le chemin est cependant encore long :

1.) Il lui manque les phonèmes : les assemblages de lettres qui forment un son différent, genre OU, AN, CH, etc...
2.) Elle ne connait pour le moment l'alphabet qu'en majuscule bâton. Il faudra progressivement introduire les cursives.
3.) Elle écrit encore relativement peu. Elle progresse gentiment en graphisme, mais il y a encore des progrès à faire.
4.) Il peut lui arriver d'essayer de lire de droite à gauche... Elle n'a pas encore totalement intégré le sens de lecture, même si cela devient de plus en plus fluide et les erreurs moins fréquentes.
5.) Elle ne connait pas encore le vrai nom des lettres, seulement leur son.

Concernant le graphisme (dessin et écriture), nous avons fait aussi de petits exercices maison selon les intérêts du moment. J'en parlerai peut-être dans un autre article.


Prochaines étapes :

Je me suis dit que nous allions progressivement intégrer les phonèmes. Je pense que c'est le moment, car il y a quelques temps, la petite fleur m'a elle-même posé cette question, après une petite réflexion : "C'est quelle lettre qui fait "ch"?"

Comme je ne savais pas exactement comment procéder, j'ai encore acheté un livre :

"Balthazar découvre la lecture" de Marie-Hélène Place

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Eh oui, encore le fameux Balthazar. En fait, ce livre est une réédition du livre "Balthazar et les phonèmes". Il présente une page par phonème, avec plusieurs dessins représentant des mots comprenant le phonème en question. A la fin du livre, il y a même de petites cartes à découper pour s'entraîner.

Le seul "problème", c'est que ce livre est écrit en cursive (minuscules attachées), que la petite fleur ne connaît pas encore... Cela impliquait donc que parallèlement à l'introduction de ce livre, nous allions également nous attaquer à l'écriture cursive...

Pour introduire les cursives, j'ai choisi deux nouveaux supports :

1.) Les lettres rugueuses :

"Coffret les lettres rugueuses", de Marie Ollier



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Cette fois-ci, ce n'est pas sous la forme d'un livre, mais d'un coffret contenant des cartes avec les fameuses lettres rugueuses. Ce coffret n'est pas aussi bon marché que les livres de Balthazar, il coûte environ 23 euros. Je trouve cela relativement cher, mais c'est très bon marché par rapport au matériel que l'on trouve sur les sites montessori. Ceux sur lesquels j'ai regardé présentaient les lettres rugueuses pour plus de 100 euros.

Pour les plus bricoleurs, il est tout à fait possible de fabriquer soi-même des lettres rugueuses. Cela revient encore moins cher.


Le coffret comprend donc des cartes, mais aussi un petit livret explicatif très bien fait. Il est détaillé tout en restant simple et synthétique, et donne beaucoup de pistes montessoriennes pour accompagner l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. (L'auteur y introduit ,entre autre, l'alphabet mobile, le fait de dessiner dans du sable, les leçons en trois temps selon montessori, etc...)

Les lettres sont très jolies, la texture rugueuse est pailletée, légèrement irisée. 

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Le code couleurs des lettres est parfois inversé selon mes supports. Les voyelles sur ces cartes sont sur fond bleu et les consonnes sur fond rouge (enfin, dans ce coffret c'est plutôt du rose)... C'est le même code couleur que sur mon alphabet mobile, donc pour les lettres en cursives (attachées) minuscules, c'est pareil.

Par contre, pour les majuscules bâtons, c'est le contraire, dans l'abécédaire de Balthazar.  


2.) L'alphabet mobile :
   
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Il est très facile d'imprimer un alphabet mobile, et si vous avez en plus une plastifieuse, vous pouvez obtenir du bon matériel durable.

J'ai bricolé moi-même le support pour ranger les lettres, avec l'aide de BarbeDrue. C'est vraiment important d'avoir un support, sinon c'est quasiment impossible pour un enfant de s'y retrouver avec les lettres.

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Ces lettres respectent le même code couleur que les cartes des lettres rugueuses à toucher en cursives : les consonnes sont écrites en rouge, les voyelles en bleu.

Il est très facile d'utiliser ces deux outils en simultané, ils se complètent bien. La petite fleur a d'ailleurs de sa propre initiative souhaité les réunir dès la première utilisation des lettres rugueuses en cursives minuscules. Le fait qu'ils aient le même code couleur me parait important. (enfin, pour les puristes, c'est vrai que les couleurs ne sont pas exactement similaires, mais je trouve que cela reste cohérent.)

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A suivre :

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Pour le moment, la petite fleur n'est pas très intéressée par le livre de "Balthazar découvre la lecture", qui introduit les phonèmes. Je l'ai donc rangé dans notre étagère, à portée de main. Peut-être que cela lui parlera davantage quand elle connaîtra mieux l'alphabet en cursives...

Par contre, elle a tout de suite adhéré au coffret des lettres rugueuses à toucher et à l'alphabet mobile en cursives minuscules. Depuis qu'elle les a reçu, elle s'en sert beaucoup et veut les montrer à tous nos visiteurs! :)

Je pense que là, nous allons être bien occupées pour un moment. Je ferai probablement un autre petit bilan dans quelques mois, selon la progression et l'intérêt du moment! :)

Notes :

(1) : Extrait du petit livret explicatif accompagnant le coffret des lettres rugueuses. Rédigé par Marie Ollier.
(2) : Désolée pour la mauvaise qualité de certaines photos... On manque un peu de lumière et de temps ces derniers jours...
(3) : Un énorme merci à ma fameuse amie montessorienne, (qui se reconnaîtra sûrement)  et qui est tellement généreuse en explications sur le monde montessorien! :)



 

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 13:23

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La période de l'avent me laisse cette année un goût amer...


Jusqu'à présent, la poussinette était petite, et elle restait avec moi toute la journée. C'était facile de filtrer les informations et de la tenir éloignée du concept de noël.

Cette année, elle est entrée en première année de maternelle, et les choses sont devenues plus compliquées. D'une part, elle comprend beaucoup mieux les choses et observe avec une acuité nouvelle. D'autre part, noël est partout, omniprésent.

Noël à l'école


En classe, la maîtresse choisit un thème par mois, sur lequel tout se décline (histoires quotidiennes, comptines, coloriages, exercices, etc...). Je trouve que c'est une bonne méthode, mais parfois, ses choix de thème ne me plaisent qu'à moitié (voir pas du tout).

Septembre : thème de la rentrée. (Normal.)
Octobre : thème des couleurs. (j'ai bien aimé.)
Novembre : Thème des contes avec enfants abandonnés par leurs parents (une semaine entière sur le petit poucet, deux semaines sur Hansel et Gretel. J'ai trouvé ça un peu "violent")

Décembre : Evidemment, thème de noël, père noël, sapin et compagnie... (Là, je dois dire que je serre les dents...)

Un sapin décoré à l'entrée de l'école.


Chaque jour, une histoire différente dont le père noël est le héro. Jusque là, nous n'avions pas vraiment parlé de ce personnage avec la petite fleur, maintenant elle sait exactement ce que c'est. (Enfin, exactement est un bien grand mot. Je reviendrai là-dessus un peu plus loin.. )

Chaque jour, des activités en lien avec un sapin, un père noël, des cadeaux, etc...

Sans compter le spectacle de fin d'année, offert par la coopérative de l'école (dont nous sommes en partie contributeurs),  intitulé : "Le noël des petits ramoneurs" ...

Et le summum, c'est quand la maîtresse ramène à l'école les catalogues de jouets qu'elle a reçu dans sa boite aux lettres, qu'elle donne à lire aux enfants, sans aucun projet pédagogique derrière.

Je crois que c'est ce qui me scandalise le plus, au final...

J'imagine que la maitresse n'y voit aucun mal. Mais dans la classe, il y a environ un tiers d'enfants musulmans, qui en théorie ne fêtent donc pas noël. Et probablement d'autres enfants dont les parents n'ont peut-être pas beaucoup de moyens. Quelle idée de les faire baver devant des jouets qu'ils ne pourront pas avoir?

Leur montrer toutes sortes de jouets plus ou moins stupides et inutiles, leur donner envie d'accumuler les possessions, les biens matériels... Comment mieux les ancrer dans la dynamique du matérialisme et de la surconsommation qu'on observe dans notre société?

Après trois jours à ce régime-là, la petite fleur nous a dit :

- Moi, je veux tous les jouets du catalogue!
- Moi, j'aime beaucoup les cadeaux de noël!
- Moi je ne veux plus être musulmane parce que je veux fêter noël!

BarbeDrue m'a dit : "La disquette fonctionne bien."

Heureusement, avec de la douceur, beaucoup d'explications et de la patience, les choses se sont un peu clarifiées dans l'esprit de la petite fleur. Mais j'en garde une sensation de formatage.

Fête païenne, chrétienne, ou de la consommation?

En plus, quand on y regarde de plus près, on peut se poser des questions sur les raisons de ce formatage. 

En fait, à la base, la fête de Noël est censée être chrétienne, pour célébrer la naissance du prophète Jésus (alayhi salam) (1). La laïcité à la sauce française la met en avant comme une fête culturelle française. De mon point de vue, c'est surtout LA grande fête de la société de consommation.

Si on reste (en gros) en Europe, et qu'on observe l'historique de la fête de noël, on constate : 

Qu'au départ, il y avait une fête païenne célébrant le solstice d'hiver, à partir duquel les jours recommençaient à rallonger. Les gens fêtaient la renaissance du soleil.

Que plus tard, lorsque le christianisme s'est développé en Europe, certains ont choisi de faire disparaître les vieux restes païens en calquant les fêtes chrétiennes par dessus les anciennes fêtes. Cela évitait que les vieilles traditions perdurent. La fête de la nativité a donc été placée sur le solstice d'hiver.
   
Mais actuellement, le christianisme n'est plus le bienvenu dans une France revendiquant une laïcité qui s'oppose aux religions. Il s'est donc opéré le même phénomène qu'autrefois, insidieusement :  après avoir christianisé les fêtes païennes, c'est le capitalisme qui a récupéré les fêtes chrétiennes.

Les fêtes religieuses sont devenues commerciales. On les a remplacées par des fêtes de la surconsommation... 

On peut constater que les différents symboles mis en avant sont en lien avec les cadeaux qu'il faut acheter : Le sapin, au pied duquel les cadeaux seront posés...  Le père noël (actuellement mis en avant à la place de Jésus (alayhi salam)) qui apporte des cadeaux... Sans compter les décorations, qui pour la plupart sont loin d'être gratuites... Etc...
  
On note également que les zones les plus décorées sont les zones commerciales. Que les plus belles décorations sont celles des magasins de luxe... C'est vendeur... 
 
Histoire du père noël

L'histoire de l'origine du père noël est intéressante pour bien comprendre cette logique :

A la base, il y a réellement eu un homme à l'origine du personnage : Saint Nicolas. Appelé Nicolas de Myre, il était l'évêque de Myre au IVe siècle, au sud de la Turquie actuelle. Très riche, il distribuait des cadeaux et de la nourriture aux pauvres pendant la nuit, anonymement.
  
Il s'agit donc à la base d'un symbole chrétien.

Dans les années 20, on l'appelle Santa Claus, Father Christmas, Père noël...  Il a déjà plus ou moins l'apparence qu'on lui connait actuellement, parfois habillé en rouge, mais représenté majoritairement en version tricolore.

En 1931, il est dessiné par la compagnie coca-cola pour une campagne de publicité, habillé complètement en rouge. C'est cette marque précisément et la publicité qui ont fixé l'image actuelle du père noël... devenu un personnage commercial.

Et qui a quasiment éclipsé Jésus (alayhi salam) de la fête de noël...

Le père noël en lui-même pose également d'autres questions. En effet, certains parents font croire aux enfants qu'il existe. C'est un mensonge, et cela a des conséquences : 

D'une part, on apprend aux enfants qu'il ne faut pas mentir, que c'est mal. Mais viendra le jour  où ils découvriront que le père noël n'existe pas. Outre la grosse déception face à la réalité, et peut-être la honte face aux railleries de leurs camarades leur apprenant la vérité, ils sauront à cette occasion que leurs parents sont capables de leur mentir. Quelle leçon!

D'autre part, les enfants n'apprennent pas à remercier les gens qui leur offrent des cadeaux, tout le mérite revenant à un personnage fictif, portant les valeurs du capitalisme. Le père noël n'achète pas les cadeaux, contrairement aux parents qui ont travaillé dur...
  

Et nos enfants?

Comme pour tout produit commercial, tout est fait pour que la fête de noël soit attractive. Et qui ne serait pas attiré par toutes ces lumières dans la nuit, toutes ces décorations partout, un gentil grand-père barbu ramenant plein de cadeaux, etc...

Et les écoles, qui prônent pourtant la laïcité, ne se privent pas de tous les symboles commerciaux de Noël, sous prétexte  de fête "culturelle". Que des enfants musulmans (ou d'autres religions) fréquentent des écoles laïques et soient imbibés dans du noël à tout va ne pose apparemment aucun problème aux défenseurs de la laïcité... Pour moi ca ressemble à du prosélytisme pour le matérialisme.

Forcément, les enfants marchent dans la combine... Ils sont encore innocents et naïfs, inconscients des différentes problématiques. A cet âge, qui n'est pas attiré par plein de cadeaux? 

Mais qu'y a-t-il derrière cette folie de l'achat? Quelles valeurs au-delà des apparences?

La société de consommation. L'argent, la possession, le matérialisme.

Toujours plus de jouets, qui s'entassent et finiront par prendre la poussière, avant d'être donnés un peu plus loin. Du plastique, du made in China, ou du glorieux bois made in France, choisis parce qu'il faut acheter, parce que c'est la période, et non par besoin.

Où est passée la naissance de Jésus (alayhi salam) à célébrer? En tant que musulmans, si nous connaissions la date exacte de sa naissance (alayhi salam), et que la fête de noël commémorait vraiment cette naissance, nous serions les premiers à la célébrer. Hélas, c'est aujourd'hui plutôt le capitalisme qui est célébré ce jour-là.

Qui  pense à Jésus (alayhi salam) en ouvrant ses cadeaux? Où sont passées les valeurs familiales? Ce n'est en tout cas pas ce qui est mis en avant par la société de consommation, qui cherche à détourner les gens de leurs valeurs et croyances. Une société dans laquelle les banques et les magasins sont devenus des temples...

En tant que musulmans, je pense que nous devrions également faire attention à cela lors des Aid. Nous ne devrions pas nous laisser aller à une avalanche de cadeaux, sous prétexte de vouloir rivaliser avec les fêtes capitalistes qui nous entourent. Le risque de dénaturer le sens profond de la fête est bien réel : la capitalisation des fêtes est envisageable pour toute communauté religieuse vivant dans une société de consommation.

Quels sont les vrais cadeaux, ceux qui n'ont pas de prix? 

La présence, la bienveillance, les moments de qualité, un sourire sincère, le respect, la transmission des valeurs, du savoir... Etc... Rien à voir avec la course dans les magasins.


J'aspire à des valeurs musulmanes mais aussi tout simplement universelles. Je souhaite revenir à la simplicité. Le respect de la vie et de l'éthique. La spiritualité plutôt que la possession.

Qu'Allah nous aide à élever nos enfants face aux attraits du matérialisme...

Note :

(1) : Alayhi salam : Que la paix soit sur lui. Il s'agit d' un terme honorifique que les musulmans utilisent pour marquer leur respect des différents prophètes. Jésus est en effet un prophète très important dans l'Islam, cité dans le Coran.


Photo : Sapin de noël Swarovski des galeries Lafayette en 2002. On se croirait dans un édifice religieux, non? - C'est presque ça : un temple de la surconsommation!
   

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Published by unbebebienreel.over-blog.com - dans Mon enfant grandit
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