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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 16:16

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Il y a peu de temps, j'ai dû consulter une dermatologue en cours de Ramadan, à cause d'un problème à un mamelon. Au cours de la consultation, j'ai évoqué le fait que je jeûnais. Et là, elle me dit : "Dites donc, ce n'est pas raisonnable de jeûner alors qu'on allaite. Même pas raisonnable du tout!!"

Je trouve toujours tellement bizarre et un peu frustrant de constater à quel point une grande partie du corps médical européen a des préjugés infondés et péremptoires au sujet du jeûne de Ramadan... Evidemment, chaque allaitement et chaque grossesse sont différents, tout comme chaque maman et chaque bébé sont différents. Toute femme en cours de maternité ne jeûnera pas forcément, loin de moi cette idée. Mais pourquoi faire croire que le jeûne est forcément mauvais et déraisonnable lorsque l'on est enceinte ou allaitante??? Pourquoi faire peur ou tenter de faire culpabiliser une maman, tout simplement parce qu'elle se sent assez bien pour jeûner dans ces conditions-là?

En y réfléchissant, même en ayant seulement deux enfants, j'ai réalisé que j'ai jeûné dans beaucoup d'états différents (différents stades de grossesse et d'allaitement).

Je vais les récapituler ici, dans le but de rassurer certaines mamans ou futures mamans qui hésiteraient. 

Entre août/septembre 2009, c'était Ramadan. Je jeûnais. Ma fille ainée à été conçue au cours de ce mois, et j'ai jeûné la dernière semaine sans savoir que j'étais enceinte.

Entre août et septembre 2010,  c'était le Ramadan suivant, ma petite fleur avait deux mois, et était encore exclusivement allaitée. Je voulais jeûner, des gens m'ont fait peur en me disant que je n'aurais pas assez de lait. Je me suis abstenue de jeûner 9 jours, alors que j'aurais pu faire le mois en entier.

Ramadan 2011 s'étalait sur quasiment tout le mois d'août. La petite fleur avait environ un an, encore allaitée mais en partie diversifiée. J'ai jeûné le mois entier, tout s'est très bien passé.

Novembre 2011, j'ai rattrapé plusieurs jours de jeûne. Sans le savoir, je les ai rattrapés alors que j'étais en début de grossesse (entre le 7ème et le 15ème jour après fécondation), et tout en allaitant encore ma fille ainée, qui avait 15 mois.

L'année suivante, le Ramadan tombait entre le 19 juillet et le 19 août 2012, et j'étais donc enceinte de mon girafon, qui devait naître au cours du mois de Ramadan. J'ai jeûné jusqu'à mon accouchement (8 jours en tout). Tout s'est bien passé.

Ramadan 2013 a eu lieu entre juillet et août, mon bébé avait un an, presque encore exclusivement allaité (il a accepté de se diversifier assez tardivement), et tout s'est très bien passé.

Cette année, le Ramadan 2014 a lieu plus ou mois sur tout le mois de juillet, le girafon a deux ans, encore allaité, aucun problème de nouveau.


Soyez consciente et confiante dans le fait qu'une femme allaitante ou enceinte en bonne santé peut jeûner pendant le mois de Ramadan, même lorsqu'il a lieu en été. Si votre grossesse, votre bébé et vous-même n'avez pas de problème particulier, vous pouvez tenter le jeûne.

Toutefois, n'allez pas au-delà de vos capacités. Si vous tentez, restez attentive aux signaux de votre corps. Le bébé dans le ventre de sa maman est le premier servi. En cas de carence, la maman sera la première touchée. Il est donc bon de faire attention à toute sensation de malaise. Pour l'allaitement, à voir également au jour le jour. N'ayez pas peur, mais ne soyez pas non plus imprudente. :)

En ce qui concerne les précautions à prendre lors de ces jeûnes un peu particuliers, j'en parle dans plusieurs autres articles sur le sujet, que vous pouvez trouver ci-dessous :

- Allaiter et jeûner pour Ramadan, c'est possible !

http://unbebebienreel.over-blog.com/article-allaiter-et-jeuner-pour-ramadan-c-est-possible-79452161.html

- Grossesse et jeûne de Ramadan

http://unbebebienreel.over-blog.com/article-grossesse-et-jeune-de-ramadan-106374359.html

- Grossesse et jeûne de Ramadan : l'expérience

http://unbebebienreel.over-blog.com/article-attendre-un-enfant-pendant-ramadhan-115611209.html


Qu'Allah vous protège et vous facilite. Amin


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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:56

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Voici en bleu un petit bout de texte qui montre avec quelle précision le bébé définit et comble ses propres besoins alimentaires si on le laisse gérer l'allaitement à la demande :


Selon l'excellente révision de Woolridge sur la physiologie de l'allaitement, voici donc les quatre facteurs qui influencent la quantité de gras contenue dans le lait :

1.) Le temps écoulé depuis la dernière tétée;

2.) Les concentrations de matières grasses à la fin de la tétée précédente;

3.) Le volume de lait ingéré lors de la tétée précédente;

4.) Le volume de lait ingéré au cours de la tétée actuelle.

L'enfant qui prend les deux seins termine rarement le deuxième, donc on pourrait dire, en simplifiant beaucoup, qu'il prend deux tiers de lait écrémé et un tiers de crème. S'il prend du lait contenant moins de gras (et, par conséquent, moins de calories), le bébé peut accepter un plus grand volume et donc prendre plus de protéines... De sorte que le bébé qui prend 50 ml à chaque sein ne boit pas la même chose que celui qui boit 100 ml d'un seul sein. Ainsi, la diète de celui qui prend 80 ml chaque deux heures et celle de celui qui boit 160 ml chaque quatre heures sont totalement différentes.

Le contrôle de la composition de lait fait toujours l'objet de recherches et ce que nous ignorons est probablement beaucoup plus important que ce que nous savons déjà. Par exemple, on a observé qu'un sein produit souvent du lait plus riche en protéines que l'autre sein. Il s'agit peut-être d'une pure coïncidence... ou peut-être votre enfant peut-il choisir, en tétant plus à un sein ou à l'autre, un repas contenant plus ou moins de protéines.

Pensiez-vous que votre bébé mangeait toujours la même chose? Qu'il se fatiguerait de passer des mois à ne boire que du lait? Eh bien, vous voyez qu'il n'en est pas ainsi avec le lait maternel. Votre enfant a à sa disposition un menu élaboré où il peut choisir des soupes légères jusqu'aux desserts crémeux. Comme il ne peut pas parler (de toute façon, le sein ne pourrait pas l'entendre), il commande son menu en donnant des instructions au sein par le biais de trois éléments :

1.) La quantité de lait qu'il prend à chaque tétée (c'est-à-dire qu'il boit plus ou moins longtemps et ave plus ou moins d'intensité).

2.) L'intervalle entre deux tétées.

3.) En buvant à un seul sein ou aux deux.

Ce que votre enfant fait lorsqu'il est au sein pour obtenir chaque jour exactement ce dont il a besoin est de l'authentique ingénierie. Votre enfant exerce un contrôle total et parfait sur sa diète tant qu'il peut varier les trois éléments à volonté. Voici ce que signifie l'allaitement à la demande : Le bébé décide quand il veut téter, pendant combien de temps et s'il désire prendre un sein ou les deux. (1)


N'en déplaise à ma pédiatre, qui conseille si fortement aux mamans de donner les deux seins à chaque tétée... ;) Cet excellent passage démontre ce qu'est réellement l'allaitement à la demande!

A nous de savoir écouter notre bébé. Attendre qu'il en ait envie pour lui proposer le sein. Ne pas attendre s'il veut têter. Le laisser vider le sein à son rythme. Lui proposer le deuxième lorsque le premier est vide.

Si vous me suivez, vous savez à quel point je crois que l'instinct mammifère est présent chez l'être humain. Si nous, les parents, nous nous sentons parfois un peu perdus, sachons faire confiance aux bébés. Ils sont encore totalement dans l'instinct, et s'ils sont en bonne santé et nés à terme, ils savent exactement comment gérer la tétée.

C'est si simple, et si peu évident à la fois, de suivre les besoins de son bébé, si petit soit-il... Avec l'allaitement à la demande, le bébé est aux commandes. Cela n'a rien à voir avec l'enfant roi, c'est seulement naturel et simple.


Vous aimerez peut-être :

Mammifères
Allaitement, de la théorie à la pratique...
Comment avoir "assez" de lait?


Notes :

(1) : En bleu : extrait issu du livre "Mon enfant ne mange pas", de Carloz Gonzalez (pédiatre espagnol, membre de la leche league.)

(2) : Merci à Emilie Oum Kalthoum, qui m'a conseillé ce livre. :)

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 15:09

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Peut-on parler d'allaitement sans avoir soi-même allaité?

Tout comme parler d'accouchement sans avoir accouché?

Pendant plusieurs années, cela a été mon cas. Dans mon travail, j'ai eu l'occasion d'accompagner de temps en temps des mamans en "pré-travail" avant leur départ pour la salle d'accouchement, puis énormément à leur retour dans le service avec leur bébé, dans les débuts de leur allaitement.

J'ai vu des allaitements qui coulaient de source. Des bébés endormis qui n'arrivaient pas à se réveiller pour téter. Des mamans avec des mamelons en sang. Celles qui tiraient leur lait pour leur bébé en néonatologie. D'autres qui espéraient tirer leur lait pour allaiter sans jamais mettre leur bébé au sein (si, si, c'est vrai!). Des seins engorgés énormes et durs comme du bêton. Tant de mamans, tant de bébés, tant d'histoires différentes...

Je me rappellerai toujours l'histoire d'une de mes collègues sage-femme. Une jeune femme motivée, zen, souriante, que j'apprécie beaucoup. Elle est d'une douceur et d'une patience aussi bien avec les mamans qu'avec ses autres collègues. Elle aussi a accompagné bien des mamans dans les débuts de l'allaitement...

Et la voila, avec son premier bébé, dans notre service. Avec son sourire ensoleillé, sa zénitude habituelle, et... des problèmes pour allaiter! Des crevasses, un bébé endormi et plein de doutes...

Jusque là, je m'étais toujours dit qu'avec toutes les connaissances professionnelles que j'avais, l'allaitement ne serait pas un problème. Mais sa situation remettait tout en cause. Une preuve flagrante de la différence entre la théorie et la pratique!

Lorsque ma poussinette est née, nous n'avons eu aucun problème lors de la mise en place de l'allaitement. Elle savait exactement comment téter, si vite et si efficacement que les tétées duraient à peine 5 minutes. Ensuite, elle devenait toute molle, sa petite tête dodelinait, la bouche en o avec quelques gouttes de lait sur sa joue ronde. Repue, elle s'endormait tendrement dans mes bras.

Des problèmes ?

Je n'ai jamais eu de crevasse de ma vie. Quelle chance!!

En fait, les problèmes rencontrés n'ont jamais été ceux auxquels je m'attendais.

Pour ma petite fleur, tout a commencé le 3ème mois quand ma pédiatre a réussi à me convaincre que mon bébé ne prenait pas assez de poids.

En vérité, ma pédiatre s'y connait très mal en allaitement maternel. Pour elle, c'est bien les 4 premiers mois, mais au delà, elle n'est pas favorable. D'autant plus si le bébé ne prend pas le poids "qu'il faut", alors là, rien ne va plus. Bah oui, avec le sein, impossible de répondre au pédiatre qui souhaite savoir combien de ml de lait le bébé boit par jour. En plus, ma pédiatre a des schémas très précis dans son esprit en ce qui concerne la prise de poids idéale que devrait avoir un enfant.

Heureusement que j'étais sûre de vouloir allaiter. J'ai continué, envers et contre tout. Elle a tout de même réussi à me déstabiliser, et les tétées sont devenues un moment de stress. Tant et si bien que ma fille n'était détendue pour téter que lorsqu'elle réclamait le sein dans la nuit, à moitié endormie. (J'en parle ici )

Pour le girafon j'ai décidé de ne pas m'en faire au sujet du poids qu'il pourrait prendre. Je ne prête plus aucune attention à ma pédiatre qui s'inquiète (encore) au sujet de la prise de poids...

Cependant, il y a eu quelques problèmes sur ma route, de nouveau... Pour commencer, j'ai découvert qu'un bébé pouvait être intolérant au lactose issu des produits laitiers de vache consommés par sa mère. Quelle surprise! J'ai donc supprimé les produits laitiers de vache de mon alimentation. (J'en parle ici et ici ... )
  
Puis, quel étonnement quand j'ai constaté que j'avais une mastite, alors qu'il avait 6 mois!! Je n'en revenais pas. Statistiquement, les mastites sont plus fréquentes au cours du premier mois d'allaitement, pour un premier enfant. J'avais allaité la petite fleur 20 mois, et j'en étais aux 6 mois du 2ème bébé...

Bref...
   
On peut parler d'allaitement ainsi que de tous les sujets de la maternité sans les avoir soi-même vécus, et acquérir de bonnes connaissances théoriques. Mais il est bon de considérer tout cela avec humilité.

Même en ayant de bonnes connaissances théoriques et en ayant soi-même allaité, on ne peut pas toujours faire un parallèle avec les autres situations vécues.

L'allaitement se vit au cas par cas. Il y a des connaissances de base à avoir si on souhaite que l'allaitement se passe bien. Après, chaque maman connaît son bébé, chaque bébé est un individu à part entière avec ses particularités, et chaque allaitement est une histoire unique entre deux êtres.

Une fois qu'elle connait les bases théoriques de l'allaitement, seule la maman sait vraiment ce qui convient à son bébé ou non. Et ce qui lui convient à elle ou non.

Ce qui reste sûr, c'est que notre lait sera toujours ce qu'il y aura de meilleur pour notre bébé. Meilleur que les laits infantiles, meilleur que les laits végétaux.


PHOTO : prise par Valérie F. Vip, avec une de ses portée.  

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 15:18

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Comme l'a démontré un expert mondial il y a une dizaine d'années, «  le fait de nourrir les bébés humains avec du lait de vache est la plus grande expérience biologique incontrôlée jamais tentée » :


- elle se produit à l'échelon de la planète ou presque ;
- il n'y a pas de groupe témoin strict ;
- elle dure déjà depuis deux ou trois générations ; 
- il n'y a pas eu d'expérimentations animales préalables pour en étudier les conséquences. Que deviendrait l'espèce lapin si tous les lapereaux étaient nourris au lait de chèvre, ou l'espèce mouton si les agneaux tétaient tous du lait de rat? Mystère. Les conséquences à long terme sur plusieurs siècles nous échappent complètement. Les humains seront-ils plus costauds, plus fragiles, plus bêtes, plus intelligents, plus grands, plus vieux, plus calmes, plus irascibles, plus herbivores, plus carnivores, profondément modifiés ou strictement identiques? Nul ne peut entrevoir ne serait-ce qu'une ébauche de réponse. En termes d'évolution, c'est une sacrée interrogation.

Cette parole n'est pas de moi, mais du Dr Marie Thirion, dans son livre "L'allaitement, de la naissance au sevrage".

A méditer, en cette journée internationale de l'allaitement.

 

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 13:30

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Dans mon précedent article intitulé Allaitement long : un parcours :) , je m'étais arrêtée aux 7 premiers mois de ma poussinette! Je vais donc vous relater la suite de notre parcours.

Des nuits toujours entrecoupées :

Entre 7 mois et 16 mois, on a augmenté les repas solides et diminué progressivement les tétées.  Je ne me rappelle pas vraiment du nombre de tétées mois par mois, mais en tout cas, à 16 mois, elle faisait 3 tétées par jour.

Elle n'a jamais trop aimé les laits infantiles, mais ça nous était un peu égal, puisqu'elle continuait à faire plusieurs tétées par jour et mangeait volontiers des yaourts ou des fromages.

Nous sommes passées par plusieurs phases de "grève de la tétée", puis parfois par des "grèves de la cuillère". C'est-à-dire que pendant une période plus ou moins longue, elle refusait de s'alimenter par ce biais.  

Lors des grèves des tétées, elle a toujours eu son compte de lait, car on avait maintenu deux tétées au cours de la nuit. Celle de 2h du matin et celle de 7h. Ces tétées-là ont toujours été faciles. En fait, je pense que c'était surtout une habitude qu'elle avait prise, une façon d'avoir sa maman avec elle la nuit, pour rendre la séparation moins longue. Le problème, c'est que notre sommeil était forcément entrecoupé et nous n'étions jamais vraiment reposées (Enfin, surtout moi)...

Cela a duré jusqu'à ses 16 mois.

La fin des tétées de nuits :

En octobre 2011, pour ses 16 mois, nous avions pris la décision, BarbeDrue et moi, de retrouver des nuits complètes et donc, que ce serait la fin des tétées de nuit.

Nous nous sommes bien préparés en amont et nous avons élaboré un plan de bataille. Déjà, bien préparer la poussinette, lui expliquer le pourquoi du comment, etc...

La veille de l'expérience, il faisait beau, j'étais montée tout au sommet de la butte de notre quartier avec la poussinette. De là, on avait une très belle vue. Je me suis accroupie en face d'elle et je lui ai dit que le soir même, elle n'aurait plus de tétée la nuit. Que si elle avait besoin de nous, nous viendrions la voir, mais que les tétées de nuit, c'était fini. Je lui ai expliqué que c'était trop fatiguant pour nous trois, qu'on avait besoin de bien dormir. Et que nous l'aimions très fort. Je lui ai dit aussi que la journée, elle pouvait téter autant qu'elle voulait, qu'il lui suffisait de me demander. Elle m'a écouté gravement et n'a pas eu l'air d'avoir d'objection.

Et cette nuit-là, elle n'a pas tété. Elle nous a appelé aux heures habituelles, nous sommes allés la voir brièvement, en lui disant que tout allait bien et qu'il fallait qu'elle dorme. Et elle s'est rendormie. Au bout de trois jours, elle a commencé à faire des nuits complètes. Bon, il a fallu plusieurs semaines pour que ce soit vraiment stable, mais ça y est, notre fille dort toute la nuit!

La fin de l'allaitement :
 
Entre ses 16 mois et ses 20 mois, nous avons gardé la traditionnelle tétée du matin. Le reste de la journée, on compensait par d'autres produits laitiers à base de lait de vache ou de brebis. 

Pour les 17 mois de la poussinette, une nouvelle grossesse s'est annoncée chez nous. J'ai continué à donner la tétée du matin à la petite fleur pendant les 3 premiers mois, malgré la fatigue, les nausées et les vomissements. Mais le lait diminuait gentiment et ma fille ne faisait plus que tétouiller. Du coup, on a introduit un grand verre de lait après la tétée.

Et puis, lorsqu'elle a eu 20 mois, un matin je ne lui ai pas proposé le sein et elle ne l'a pas réclamé.  

Deux ou trois semaines plus tard, un après-midi, elle m'a réclamé le sein. Je lui ai donné, elle l'a pris, m'a regardé bizarrement, l'a un peu mordillé. On aurait dit qu'elle ne savait plus comment faire pour téter..

Finalement, j'espérais l'allaiter 24 mois, j'y suis presque arrivée et je suis contente que le sevrage se soit fait d'une manière si simple et si facile pour nous deux.

Et voilà, en route pour de nouvelles aventures !! :)


PHOTO : trouvée sur le blog saleousucre.com

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 22:26

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Dans environ deux semaines, ce sera Ramadan!

Ce sera mon 13ème Ramadan, si je ne me trompe pas. J'ai commencé en plein hiver, en 97. Depuis quelques années, c'est chaque fois une nouvelle découverte, car les jours deviennent toujours plus longs. A chaque nouveau Ramadan, j'appréhende un peu, c'est comme une première fois. Et finalement, le corps s'y fait assez vite!

L'année passée, pour Ramadan, la petite fleur avait 2 mois et était encore exclusivement allaitée. Tout le monde, aussi bien les musulmans que les autres, m'a fortement déconseillé de jeûner. On me disait : "Tu es folle, tu ne pourras pas continuer à allaiter si tu jeûnes!"

Le Ramadan tombait à peu près à la mi-août. Je tenais à continuer à allaiter et je savais que le jeûne n'est pas obligatoire pour la femme qui allaite si elle craint pour sa santé ou celle de son bébé. Je me suis donc sentie très hésitante après avoir entendu tout le monde me mettre en garde.

J'ai décidé de couper la poire en deux, et de tester quelques jours de jeûne pour voir. En tout, j'ai jeûné les deux tiers du mois de Ramadan, et je me suis abstenue 9 jours, éparpillés au cours du mois. Tout s'est très bien passé. J'ai même regretté de ne pas avoir jeûné le mois entier car je me sentais bien, et par la suite, il s'est avéré compliqué de rattrapper les 9 jours, surtout que je n'ai pas arrêté d'allaiter depuis.

Ce que j'ai constaté au cours de Ramadan de l'année passée :
  

  • La petite fleur a pu têter la journée sans problème.
  • Au cours de la journée, je ne me sentais pas trop assoiffée..
  • Le soir, juste après que j'aie bu une grosse quantité d'eau, j'avais tout d'un coup une énorme montée de lait. Si ma fille était déja couchée, je devais tirer mon lait à ce moment-là, sinon ça tirait trop.
  • Mon bébé faisait ses nuits d'affilée depuis quelques semaines, et elle s'est remise à têter la nuit. Mais bon, peut-être qu'elle aurait recommencé même si je n'avais pas jeûné, elle n'avait que deux mois, c'est encore tôt pour espérer des nuits complètes à long terme...

 

Cette année, j'allaite toujours mais la petite fleur est diversifiée. Je suis bien décidée à jeûner le mois entier, sauf si je constate en cours de route que ce n'est pas possible. 

Si j'écris cet article, ce n'est pas pour dire à toutes de jeûner en allaitant. S'il existe un avis juridique particulier pour les femme enceintes et les allaitantes, ce n'est pas pour rien.

J'écris cet article pour les hésitantes, celles qui se posent des questions. L'année passée, ce genre de témoignage m'aurait été plus utile que d'écouter tout le monde me mettre en garde, sans que personne ne sache comment ça se passait vraiment pour celles qui tentaient. D'ailleurs, je pense que si j'avais su, j'aurais jeûné le mois entier!

Donc, je le dis, si on est en bonne santé, il est possible d'allaiter à 100% tout en jeûnant, même en été. Même en étant mince. (N'écoutez pas ceux qui vous diront que vous n'avez pas assez de "réserves", sous entendu pas assez de graisse..)


Après, chacune se connait et doit être attentive à son état de santé, et ce qu'elle se sent capable de faire. Et chacune doit aussi se renseigner sur les lois islamiques concernant la femme allaitante qui ne jeûne pas, selon l'école qu'elle suit (conditions de rattrapage des jours [al qada], compensation pour chaque jour non jeûné [al fidya], etc..)

Voir l'avis juridique de l'école Malikite ici sur le site Sunnisme.com
 

Quelques précautions à prendre tout de même :

 

  • Buvez beaucoup, même si ça vous coupe un peu l'appétit. L'année passée, je me forçais à boire au moins deux litres au cours de la nuit pour être sûre de ne pas me déshydrater. Evidemment, mon sommeil était entrecoupé de nombreux allers retours chambre - WC, mais j'ai tenu bon!
  • Evidemment, prenez des tisanes d'allaitement! ;)
  • Mangez bien : pas forcément en grande quantité, mais de façon équilibrée et consistante.
  • Evitez de manger trop salé, vous risquez d'être assoiffée le lendemain.
  • Limitez votre consommation de menthe et de persil. (Cela fait partie des plantes qu'on peut utiliser pour stopper la lactation.) 
  • Voir : Comment avoir "assez" de lait?
  • Evitez la chaleur. N'allez pas trop au soleil, raffraichissez votre habitat : fermez les stores la journée, aérez la nuit, étendez des linges humides pour diffuser de la fraicheur.
  • Ecoutez-vous : si votre santé semble se dégrader, ou si vous êtes très inquiète pour votre bébé (pour des raisons valables), renoncez!


Je vous souhaite à toutes et tous un très bon Ramadan! Que Dieu nous facilite et accepte nos adorations.

Amine!


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Grossesse et jeûne de Ramadan
Grossesse et Ramadan : l'expérience

 


Photo : prise par May en juin 2011, à la grande mosquée de Paris.



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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 12:02

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Bon.. Je sais, j'ai travaillé pendant deux ans en suite de couches en tant qu'infirmière... Et sans compter tous les stages que j'ai fait au cours de mes études.

Eh bien, malgré tout, je n'y connaissais pas grand-chose en matière de tire-lait, et surtout en tire-lait manuel..

Je me suis dit que je ne devais pas être la seule dans ce cas-là..

Donc voici ce que j'ai appris sur le tas.. :)


1.) Tous les tires-lait ne se valent pas.

En bonne débutante qui n'y connait rien, j'ai décidé d'acheter un tire-lait manuel. Sans même penser à me renseigner avant. Je suis tombée sur une vente privée qui proposait entre autre des tires-lait. J'ai dû l'avoir pour une dixaine d'euros. Il s'agissait du tire-lait manuel LO de la marque dBb Remond.

Résultat :

Je n'ai pas pu l'utiliser avec le coussin de massage, car ça me faisait une sensation de frottement assez douloureuse. Et sans le coussin, j'ai pu tirer mon lait. Sur le moment, je trouvais ça pas mal. Mais avec le recul, je peux dire maintenant que le tirage sans le coussin, n'était pas vraiment aussi efficace qu'il aurait pu l'être.

Surtout qu'en plus, il est moins facile de tirer son lait après les premiers mois. On passe de longues minutes pour réussir à extraire ne serait-ce que 30 ml... C'est un peu décourageant. Donc autant avoir un bon tire-lait!

Au final, j'ai découvert deux modèles de tire-lait manuels conseillés par les pros (1) :

a.) Tire-lait manuel Isis de la marque AVENT
b.) Tire-lait manuel Harmony de la marque MEDELA

J'ai profité des soldes pour commander le modèle Isis de AVENT, reçu récemment.

Je n'ai pas pu résister à l'envie de l'essayer tout de suite. Sans aucun besoin de tirer mon lait. La petite fleur avait têté peu de temps auparavant, je ne m'attendais pas à un résultat spéctaculaire.

Ce que j'ai constaté tout de suite, c'est que je pouvais l'utiliser avec le coussin de massage, aucune douleur.

Ensuite, j'ai remarqué que les jets duraient très longtemps avant que je sois obligée de repomper. Au moins 5 fois plus longtemps qu'avec mon autre tire-lait. Voir même plus : j'avais l'impression qu'ils ne s'arrêtaient plus de couler!

Au final, j'ai tiré 60 ml. Ca a duré un certain temps, mais beaucoup moins que si j'avais utilisé mon "vieux" tire-lait. Sans aucune douleur. Et avec beaucoup moins de pompage.

Bref : J'en suis super contente!!! Mon seul regret : ne pas m'être renseignée avant! J'ai passé plus d'un an avec un tire-lait vraiment moyen..

Mon "vieux" tire-lait :

Modèle LO de la marque dBb Remond

 

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Mon nouveau tire-lait :

Modèle Isis de la marque AVENT

 

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2.) La vitesse de pompage n'est pas forcément proportionnelle à la vitesse de remplissage..


Je m'explique :

Au départ, en espérant que le tirage de mon lait ne serait pas trop long, je pompais le plus rapidement possible. Autant dire qu'assez vite, j'avais les avants-bras qui tiraient..

Il a fallu que BarbeDrue s'en mêle... Il m'a proposé d'essayer de maintenir la pompe jusqu'à ce que les jets de lait s'arrêtent avant de repomper..

Bah oui.. Ca parait logique, non? C'est moins fatiguant, et ça marche mieux...


3.) Il vaut mieux changer de côté environ toutes les 5 minutes.

Oui.. Rien ne sert de s'acharner sur un sein une fois que le débit a diminué.. En plus, c'est marqué dans le mode d'emploi du tire-lait.

D'ailleurs, rien de mieux que justement, bien lire le mode d'emploi!! ;)


4.) Le bébé tête de toute façon bien plus que ce qu'on arrive à tirer.

J'ai plusieurs amies qui ont allaité leur bébé longtemps, et certaines d'entre elles m'ont dit qu'elles n'ont jamais réussi à tirer leur lait. Pourtant, elles avaient assez de lait, et leur bébé grossissait vraiment très bien, même pendant l'allaitement exclusif.

Il faut savoir que le bébé est l'expert de la tétée, et une machine ne peut que difficilement l'égaler.

C'est dommage d'entendre des femmes qui se sont découragées en voyant leur faible production de lait tiré, et qui en ont conclu qu'elles n'avaient pas assez de lait..


5.) Pour stimuler la lactation, il faut tirer au minimum 5 min. de chaque côté.

Même si la quantité parait faible, c'est déja ça. Et si vous êtes motivée, vous pouvez aussi faire plus.. Et plusieurs fois dans la journée.

Mais n'oubliez pas, le meilleur stimulant pour votre lactation, c'est de mettre souvent votre bébé au sein.


6.) Pour tirer régulièrement son lait, mieux vaut un tire-lait électrique.

Comme je ne l'ai pas fait moi-même, je vais juste citer ici des marques conseillées par des pros (1) :

Pour un tirage intensif, le mieux est un modèle électrique, permettant un double pompage. Marques conseillées : Medela et Ameda.  On peut les louer à la pharmacie et avec une prescription, le prix de la location est remboursée par la secu.

Si vous souhaitez un tire-lait électrique à acheter : modèle Swing de la marque Medela


7.) L'installation est importante!

C'est déja peu motivant de tirer son lait, alors autant le faire de façon confortable!

Un canapé moelleux, des coussins (voir même, LE coussin d'allaitement), une musique agréable, un petit habit porté par votre bébé à renifler, une émission passionnante à la télévision, ou même, si c'est possible, tirer son lait pendant que le bébé tête l'autre sein..

Parfois, pour passer le temps, je faisait ça le soir, bien calée dans le canapé avec un bon oreiller et les jambes posées sur la table basse du salon, en regardant un film ou un documentaire.

Certaines qui font ça au travail préfèrent un moment "avec" leur bébé. Elles reniflent les affaires portées récemment par leur bébé, et regardent des photos.


NOTE :

(1) LA pro dont je parle, c'est Claude Didierjean-Jouveau, qui a été présidente de la leche league (association de soutien à l'allaitement) en France.


Photos : prises par May en juin et juillet 2011, chez nous.

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 14:31

 

 

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Je vais noter ici en vrac quelques observations et remarques au sujet de l'allaitement maternel.

Ma fille a maintenant 11 mois.

Je ne me rappelle pas avec précision de l'allaitement des premiers mois. A ce moment-là, tout roulait, et je pense que je me posais moins de questions.

Réflexe d'éjection :

Sensation de picotement dans les mamelons, tension dans la poitrine, déglutissement rapide de la part du bébé, et parfois, écoulement de lait depuis le deuxième sein.

Lors du lancement de l'allaitement, ce réflexe peut se manifester également lorsque le bébé ne tête pas. Les seins se mettent alors à couler tout seuls.

Pour moi, le réflexe d'éjection arrive au bout de quelques minutes quand ma fille tête. 

J'en ai déduis (mais peut-être que je me trompe), que le lait gras arrive une fois que le réflexe d'éjection est lancé, et qu'avant, il s'agit du lait très léger qui hydrate le bébé en début de tétée.

Certaines femmes ne ressentent pas le réflexe d'éjection.

Personnellement, quand je donne les deux seins au cours de la même tétée, je ne le ressens que lorsque ma fille tête le premier sein. Ensuite, quand elle prend le deuxième, elle tête directement rapidement, comme si le deuxième s'était gorgé de lait pendant qu'elle têtait le premier.

Parfois, le réflexe d'éjection tarde à se manifester. En général, c'est lié à la succion du bébé. Quand celui-ci est motivé et tête efficacement, le réflexe arrive bien plus rapidement que lorsqu'il tétouille...

Certaines mamans ont un réflexe d'éjection très fort, qui peut déranger le bébé. Je n'ai pas été confrontée à cela, mais apparemment, cela peut poser problème pour certains enfants.

Engorgement :

L'engorgement, c'est lorsque le sein est gorgé de lait et devient dur et douloureux. Cela peut être plus ou moins marqué. Et en général, on est assez pressée de faire têter son bébé! ;)

C'est assez fréquent lors de la mise en route de l'allaitement, et particulièrement aux alentours du 3ème jour, lors de ce qu'on appelle la montée laiteuse.

Les engorgements peuvent aussi survenir bien plus tard, lorsque l'allaitement est bien rodé, si le bébé espace une tétée beaucoup plus qu'à son habitude.

Quand je tire mon lait lors d'un engorgement, le lait est blanc bleuté.. Je ne sais pas exactement à quoi ça correspond.. Est-ce que c'est parce que c'est l'accumulation du premier lait, celui qui précède le lait gras? Est-ce que cela veut dire que le lait tiré dans ce contexte-là n'est pas très gras?

Sinon, en temps normal, mon lait est plutôt blanc crème, il tire sur le beige.

Suite à divers lectures sur des sites concernant le lait de vache, il semblerait effectivement que le lait écrémé ait une teinte légèrement bleutée par rapport au lait entier, car il contient moins de graisse. Donc, on peut en conclure que le lait tiré lors d'un engorgement est effectivement moins gras.

Automatisme mammaire (ou "mode auto"):

Après quelques temps, les seins produisent le lait à la demande, et les engorgements deviennent moins fréquents.

Le passage en automatisme mammaire dépend d'une femme à l'autre. Pour certaines, il arrive après quelques mois d'allaitement, pour d'autres seulement après quelques jours.

Lorsque l'on est passé en "mode auto", il devient plus difficile de tirer son lait. Il ne faut pas rester bloquée sur la quantité réussie à tirer : le tire-lait est bien moins efficace que votre bébé. Il n'est pas étonnant de passer une demie heure à tirer pour se retrouver avec un petit 30 ml qui nous parait misérable. En fait, le bébé boit bien plus que ça! C'est un pro du tirage, lui! Le tire-lait n'est pas représentatif de la quantité bue par votre enfant.

C'est pour ça qu'il faut profiter de la période avant le mode auto pour tirer son lait si on veut faire des réserves au congélateur!! (A savoir : le lait congelé se garde 6 mois).

A SUIVRE..


Photo : prise par May en janvier 2011, dans la chambre à coucher

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:02

 

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Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais commencer par aborder deux idées reçues (malheureusement largement répandues) au sujet de l'allaitement...

 

1.) "Tu n'as peut-être pas assez de lait?"

 

Petit retour en arrière..

 

Si vous êtes né(e) s dans les années 70 - 80, il est possible que votre mère ait voulu vous allaiter. Elle vous a peut-être raconté : "Je n'avais pas assez de lait, j'étais obligée de compléter toutes les têtées avec du lait artificiel."

 

Ma mère en tout cas, et ma belle-mère, m'ont toutes les deux dit ça. Et elles m'ont expliqué qu'on leur disait de peser le bébé avant et après la têtée, et de compléter avec un biberon de lait artificiel selon le poids pris après la têtée.

 

Après avoir entendu ça, on se demande forcément : "Mince, est-ce que c'est héréditaire?? Si ma mère n'avait pas assez de lait, peut-être que moi non plus, alors??"

 

En fait, il n'est absolument pas nécessaire de peser le bébé avant et après la têtée, c'est même plutôt une mauvaise idée. Le poids pris n'est pas représentatif de l'ensemble des têtées de la journée.

 

Il faut savoir qu'en allaitement, c'est la loi de l'offre qui suit la demande. C'est-à-dire que c'est le bébé qui détermine ses besoins en têtant plus ou moins le sein. S'il a très faim, il têtera plus. Le sein, stimulé, enverra un message au cerveau, qui saura qu'il faut produire plus de lait.

 

Or, si on donne un complément de lait artificiel, le bébé aura moins faim et têtera moins, et donc, les seins produiront moins de lait. C'est donc une absurdité de procéder comme ça, et ce n'est pas étonnant que la plupart des femmes de cette époque aient été convaincues de ne pas avoir assez de lait.

 

Dans les faits :

 

Il est extrêmement rare qu'une femme qui met son bébé au sein à la demande n'ait pas assez de lait.

 

Il peut arriver que lors d'une poussée de croissance, le bébé n'ait ponctuellement pas assez de lait et s'énerve au sein. Mais il s'agit d'un moment passager, et en mettant son petit davantage au sein pendant cette période, la quantité de lait s'adaptera à ses nouveaux besoins, et il aura rapidement la quantité nécessaire.

 

Demandez-vous : Avez-vous fréquemment entendu parler de vaches qui manqueraient de lait? Non? Alors pourquoi les humaines en manqueraient plus souvent?

 

 

2.) "Ton lait n'est peut-être pas assez nourrissant?"

 

Le lait reste toujours du lait. Sa composition change très peu d'une mère à l'autre, même lorsqu'une femme présente des carences alimentaires.

 

Prenons le cas des femmes dénutries en raison de famine ou autres catastrophes humanitaires de ce genre-là. Si vraiment une maman dans cette situation n'est pas assez alimentée pour nourrir son enfant, alors son lait se tarira, ou sera très peu abondant. Mais elle ne produira en aucun cas un lait de faible qualité.

 

Et j'aime bien garder l'exemple du lait de vache. Quand on en achète un litre, est-ce qu'on se demande : "Cette bouteille de lait sera-t-elle aussi nourrissante que la dernière que j'avais achetée??"

 

Rappel historique (1):

 

Lors de la guerre de 14-18, les femmes remplacent les hommes à l'usine. L'allaitement devient donc un peu problématique, et c'est cette époque qui lance la mode du lait artificiel pour les bébés.

 

Dans les années 50, les industriels ont bien compris tout l'argent à tirer de la production de lait artificiel. Ils essayent même de faire croire aux femmes que le lait artificiel est meilleur que l'allaitement maternel, car leur lait est soit-disant enrichi de vitamines, etc... 1 bébé sur 3 seulement est allaité par sa mère.

 

C'est une époque durant laquelle les gens croient en l'industrie, et pensent que les méthodes scientifiques sont meilleures que les vieilles méthodes "naturelles".

 

Le personnel des maternités perd son savoir faire, et devient incompétent pour accompagner les jeunes mères qui allaitent. De plus, comme les grands-mères non plus n'ont pas allaité, personne ne peut les guider. D'où les mauvais conseils reçus par nos mères, et toutes les idées reçues qui circulent encore.

 

 

COMMENT AVOIR ASSEZ DE LAIT?

 

En vérité, ce n'est pas sorcier!! :)

 

1.)  Vouloir profondément allaiter son enfant :

 

En général, si l'allaitement n'est pas désiré par la maman, soit elle finit tout de même par y trouver du plaisir, soit il ne fonctionnera pas.

 

2.) Donner le sein à la demande :

 

Oubliez les horaires rigides. Les besoins de votre bébé augmentent progressivement au cours des premières semaines. Il finira par se caler sur des horaires plus ou moins fixes, mais lors de ce qu'on appelle les poussées de croissance, il aura besoin de têter plus souvent et plus longtemps pour adapter la quantité de lait à son appétit.

 

Donc si votre bébé pleure de faim, même si ce n'est pas encore "l'heure", proposez-lui tout de même le sein. :)

 

3.) Se reposer suffisamment :

 

Le manque de sommeil, la fatigue, le stress, sont les gros facteurs de baisse de lait. Mais toute baisse de lait est rectifiable, à condition de repartir sur de bonnes bases : le repos, et être zen! Vous vous sentirez mieux, et votre bébé aussi. :)

 

4.) Avoir confiance en soi et en son bébé :

 

Cela rejoint ce que je viens de dire. Le manque de confiance en ses capacités, le doute sur la quantité de lait, la peur que son bébé ne grossisse pas assez, engendrent du stress. Si vous êtes stressée, votre bébé le sentira, et cela peut avoir une influence sur sa façon de prendre le sein. Les têtées peuvent devenir difficiles. (voir Allaitement : notre parcours )

 

Si vous ressentez un coup de stress, de la fatigue, du blues, ou autre émotion négative, ne baissez pas les bras. Reposez-vous, changez-vous les idées et surtout, faites-vous confiance. Une mauvaise passe n'est que passagère, et une fois les habitudes et le moral revenus, tout rentrera dans l'ordre.

 

Sachez aussi qu'un bébé en bonne santé ne se laisse pas mourir de faim. Si les langes sont bien mouillées (6 à 8 changements de couches les premiers mois), que le bébé suit sa courbe de poids, il n'y a pas de souci à se faire!

 

Donc pour réussir votre allaitement, armez-vous de confiance. :)

   

5.) S'hydrater suffisamment :

 

Il n'est pas nécessaire de vous forcer à boire des litres et des litres. De toute façon, en allaitant, la sensation de soif se fait beaucoup plus sentir. Buvez donc lorsque vous en ressentez le besoin!!

 

6.) Eviter les compléments de lait :

 

Si votre bébé boit autre chose que votre lait, il boira forcément moins au sein, et du coup, le stimulera moins. Donc, votre sein produira évidemment moins de lait, car il ne pourra pas s'adapter aux besoins de votre bébé. :)

 

7.) Ce qui peut favoriser la lactation :

En vérité, ce qui stimule le mieux la lactation, c'est de mettre tout simplement son bébé au sein! Mais au cas où, voici quelques petites aides en plus :

 

Les tisanes d'allaitement vendues en pharmacies ou grandes surfaces

 

Elles sont toutes composées plus ou moins des mêmes plantes :  graines de fenouil, fenugrec, carvi, anis, cumin, et avec quelques variantes parfois. Ces plantes sont bonnes pour la digestion (pour vous et pour votre bébé), et favorisent la lactation.

 

Celles que j'ai testé sont toutes les deux bio. Elles sont relativement similaires, et m'ont assez bien réussi :

 

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- Une tisane galactogène (2) 

 

Conseillée par la leche league (à prendre à l’herboristerie ou à commander en pharmacie)

Cones de houblon 25g
Semence de cumin 25g
Feuille d’ortie blanche 25g
Semence de fenouil  25g
Galéga  50g
 
Mettre ¼ du paquet dans un litre d’eau bouillante ; arrêter l’ébullition et laisser infuser 5 min ( pas plus )
Dose à boire en 4 jours

 

- Le galactogil (1)

 

Il s'agit d'un médicament associant 3 produits simples : galega, cumin, fenouil, considérés comme galactogène, du diphosphate tricalcique, qui aide à compenser les perte de la mère en phosphate et calcium, du malt qui favorise le transit intestinal et la lactation. Ce médicament n'a aucune toxicité et peut être pris à dose régulière (trois cuillères à soupe par jour.)

Par contre, il contient beaucoup de sucre, donc attention pour les mamans diabétiques.

 

Plantes réputées galactogènes (favorisant la lactation) : 

 

- fenugrec

- chardon bénit

- ortie

- basilic

- bourrache

- houblon

- malt

- graines de fenouil

- anis

- cumin

- galéga

 

A consommer frais, ou en tisane! :)

 

- L'homéopathie :

 

Mais attention aux dilutions : Lors d'études cliniques, il a été constaté que les dilutions 4 et 5 CH stimulaient, que les dilutions 7 à 12 CH avaient un effet régulateur, et qu'au delà, on obtient un ralentissement voire un arrêt. (3)

 

Pour illustrer ce propos, voici un exemple : RICINUS COMMUNIS 3CH stimule la lactation, alors que RICINUS COMMUNIS 30CH est utilisé lors du sevrage pour arrêter la lactation.

 

Pour augmenter la lactation :

 

- RICINUS COMMUNIS 3CH, 3 gr x 3 par jour

- URTICA URENS 5CH, 3 gr x 3 par jour

 

 

DSC02932 

 

 

8.) A éviter :

 

- Contrairement aux idées reçues, la bière n'est pas spécialement indiquée pour augmenter la lactation.  Ce sont le houblon et le malt, qui ont cet effet, donc autant prendre une infusion de ces deux plantes!!

 

- Le persil... A haute dose, il peut être utilisé pour couper la lactation...  

 

- La menthe (4)

 

- La sauge (5)

 

 

NOTES :

 

(1) Partie de texte produite à partir d'informations tirées du livre L'allaitement, de la naissance au sevrage , de Marie Thirion

(2) Merci à Kawouette qui m'a transmis la recette donnée par sa sage-femme. :)

(3) Information tirée de ansfl.org, par une sage-femme ayant fait une formation en homéopathie.

(4) Merci à Sarah pour le rappel! :)

(5) Merci à Nathalouchki, ma cousine pharmacienne!! (cf les commentaires)

 

 

Photo 1 : prise par BarbeDrue en octobre 2008 à Marchissy (canton de Vaud), en Suisse 

Photos 2 et 3 : photos commerciales trouvées sur le net. 

Photo 4 : Les tubes de granules homéopathiques de May, sur le balcon, juin 2011.

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:55

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A.) MISE EN ROUTE

Les débuts de l'allaitement m'ont paru très faciles. Je n'ai eu aucun problème de crevasse, ma poussinette a bien têté dès le départ, elle a pris du poids très rapidement.

Evidemment, le fait d'avoir travaillé pendant 2 ans dans le service de suite de couche d'une maternité parisienne, et d'avoir aidé tant de mamans à mettre leur bébé au sein m'a aidé.. J'ai été tellement formée sur le sujet que j'avais les bons réflexes.

Il y a tout de même trois choses que je retiens des tous premiers temps :

1.) La montée de lait du 3ème jour, avec les seins douloureux et très tendus pendant presque les 2 jours entiers qui ont suivi. > C'est tout à fait normal...

2.) La légère douleur dans le mamelon au début de chaque têtée, qui disparait après quelques minutes. Cela a duré environ 3 semaines, et c'était plutôt supportable. > C'est également normal.

3.) Le lait qui tout d'un coup s'écoulait tout seul et sans raison particulière les premiers mois... :) > également normal.

Je pense que l'essentiel, lors de la mise en route de l'allaitement, c'est :

- Vouloir profondément allaiter son bébé
- Allaiter le plus tôt possible après l'accouchement
- Bien positionner son bébé au sein
- Donner le sein à la demande
- Ne pas donner de compléments de lait artificiel dans la mesure du possible

Si ces conditions sont réunies, sauf problème particulier, tout devrait se passer pour le mieux!

B.) DES PROBLEMES SUR LE CHEMIN..

1.) "LE DOUTE"

Lorsque la poussinette a eu environ 3 mois et demi, j'ai été confrontée à ma plus grande difficulté : Le doute.

Et c'est arrivé alors que tout roulait, l'allaitement était bien établi, sans aucun souci...

La petite fleur prenait du poids, et plutôt bien, mais pas assez au goût de ma pédiatre. Et elle m'a mis le doute. Il faut dire que ma pédiatre n'est pas spécialement bien formée sur l'allaitement. En plus, elle ne semble pas très favorable à l'allaitement maternel à long terme (c'est-à-dire plus de 3 ou 4 mois). Et elle m'a dit parfois des énormités du genre : "Votre lait n'est peut-être pas assez nourrissant..."

Sans rentrer plus que ça dans les détails, malgré toutes mes connaissances professionnelles sur l'allaitement, malgré les livres que j'avais lu, malgré les conseils d'amies allaitantes, malgré ma propre raison, LE DOUTE s'est installé.

Le problème, c'est que je me suis mis la pression. Je voulais que la petite fleur tête plus longtemps, et plus souvent. Et c'est là que la mise au sein est devenu une sorte de combat.. Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Ma poussinette sentait toute cette pression, et hurlait quand je la mettait au sein. Sur le moment, je ne comprenais pas ce qui lui prenait, je stressais encore plus, et c'est devenu un cercle vicieux.

2.) REFLEXE D'EJECTION TARDIF.. 

A cette période-là, cela faisait déja quelques temps que j'étais passée en "mode auto" (= automatisme mammaire). C'est-à-dire que les seins produisent le lait à la demande, au moment où le bébé tête. Et j'ai remarqué que le réflexe d'éjection (1) devenait de plus en plus tardif. Il fallait que la petite fleur tête bien 3 minutes pour qu'il se manifeste.

Je ne sais pas si ce retard venait du fait que la petite fleur têtait moins fort et moins régulièrement, ou si elle s'impatientait et donc têtait moins bien à cause de ce retard. Peut-être encore un cercle vicieux?

Ca a duré 3 ou 4 semaines. Nous avons quand-même réussi à maintenir les têtées, mais à quel prix!!

Il a fallu que je me pose, que je lui fasse confiance, que je la laisse "reprendre le contrôle". Et finalement, une fois le doute dépassé, nous avons réussi à revenir à des têtées paisibles.

3.) AUGMENTATION DES REPAS "SOLIDES", DONC DIMINUTION DES TETEES..

Bon, ça parait logique, mais nous, on espérait la faire manger plus! C'est arrivé quand la poussinette avait environ 7 mois.

La petite fleur s'est mise d'un coup à sauter plein des têtées habituelles... Sur le moment, j'ai cru qu'elle était en train de se sevrer, et je l'ai assez mal vécu...

En fait, à ce moment-là, j'ai cumulé les difficultés :

1.) Augmentation de la nourriture solide, donc nécessité de répartir différemment les têtées sur la journée
2.) Cela coincidait avec l'arrivée de mon retour de couche, je ne sais pas trop si les hormones ont aussi joué sur la lactation...  
3.) En plus, en plein dans cette période de transition, je suis tombée malade, ce qui m'a un peu affaiblie, donc, j'imagine que je devais produire un peu moins de lait..

Cette fois-là, j'ai décidé de rester calme, quoi qu'il arrive. J'ai essayé de me reposer le plus possible. Et j'ai continué à proposer le sein, mais sans insister. De temps en temps je tirais mon lait, histoire de maintenir ma lactation, ou parfois non. J'ai laissé la poussinette gérer comme elle voulait.

Finalement, une dizaine de jours plus tard, on avait compris toutes les deux comment gérer les têtées et les repas en parallèle.

Tout ça pour dire que les difficultés de l'allaitement ne sont pas forcément toujours là où on les attend..

Je crois qu' une des choses ESSENTIELLES lorsqu'on allaite, c'est de se faire confiance, et également de faire confiance à son bébé.

La suite de l'aventure : Allaitement long : un parcours, suite et fin!

NOTE :

(1) Réflexe d'éjection : Moment où le lait jaillit du sein. Se ressent par des picotements dans les mamelons, et/ou une tension mammaire, si le bébé est au sein il se met à déglutir très rapidement. Les premières semaines, ce réflexe peut arriver sans que le bébé soit au sein, et les seins se mettent à couler tous seuls.

Photo : prise en janvier 2011 par May, dans la chambre à coucher

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