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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 15:45

 

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Toute chose peut être dite en douceur. Nos enfants ont parfois des comportements inappropriés auxquels nous devons dire non. Cela ne nécessite ni ne justifie en aucun cas de la colère.

Alors pourquoi, parfois, se retrouve-t-on en train de crier sur son enfant, même en étant conscient de cela ?

Les cris sont la conséquence d’un sentiment de désespoir. Le parent se sent dépassé par les événements, il a l’impression de ne plus savoir quoi faire. Il existe une forme de pression sociale, qui exige un schéma d’enfant « sage ». Si notre enfant sort des caractéristiques de ce schéma, on peut ressentir parfois une forme d’échec. Certains parents pensent que pour rétablir l'ordre, les cris seront efficaces. 

Certaines mamans (et très probablement certains papas aussi) culpabilisent. Elles se sentent responsables, pensent qu’elles sont de mauvaises mères, ou qu’elles pourraient le paraître. Le sentiment d’échec et d’impuissance est si fort qu’elles sont parfois submergées par la colère.

Certains parents ont peur. Ils craignent que leur enfant ait un mauvais fond, et ne savent pas comment faire pour gérer la situation.

D’autres sont épuisés, vidés, et n’ont plus de patience.

Pourtant, la colère, les cris et la violence ne résolvent pas le problème. L’enfant ne devient pas plus calme ou plus « sage ». Peut-être se renferme-t-il dans une coquille, et certains parents peuvent avoir la sensation illusoire d’une amélioration, sans se rendre compte que des liens ont été rompus.

Les parents qui crient et les enfants qui font une crise ont bien des points communs. Tous sont situation de détresse émotionnelle.

Car voila ce que sont les cris : l’expression d’une détresse émotionnelle et d’un manque de confiance.

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Que faire ?

Dans un premier temps, il faut reprendre confiance en soi en tant que mère ou père.

Etre parent n’est pas facile, c’est un jeu d’équilibrisme délicat entre la régulation de nos propres besoins et ceux de nos enfants, qui évoluent sans cesse. La gestion de crises ayant des causes profondes souvent difficiles à cerner, et progressant en même temps que l’enfant grandit. Et le tout en portant avec soi le souvenir parfois douloureux de l’éducation que nous ont donnée nos parents.

Nous n’avons pas été formés au métier de parent. Nous n’avons que peu de références auxquelles nous raccrocher, et les conseils avisés ou non sont trop nombreux et trop contradictoires. Il faut arrêter de culpabiliser et faire le tri soi-même, selon nos propres critères.

« Arrête de culpabiliser et d’avoir peur. Ton enfant n'a pas un mauvais fond, et tu n'es pas un mauvais parent.

Au lieu de crier, de menacer, de punir, arrête-toi. Détends-toi. Respire et regarde-le calmement. Il a mal parlé, il a tapé quelqu'un, ou autre chose de ce genre. Ce n'est pas très grave. Il cherche probablement à te faire passer très maladroitement un message. De quoi manque-t-il? Probablement de câlin, de sourire, de bisou, de temps de qualité passé avec toi. »


Nos enfants sont notre reflet. Comme un miroir. Ils nous renvoient violemment une image déformée et grimaçante de nos propres défauts. Si nous souhaitons  que nos enfants se comportent d'une certaine façon, comportons-nous 
de cette même manière avec eux. Si nous aimons la douceur de la part de nos enfants, nous devons être doux avec eux. Il en va ainsi de tous les comportements et habitudes.

Un enfant qui se comporte de manière inadéquate ne fait pas de nous de mauvais parents, et n’a pas un mauvais fond. Il s’agit simplement d’un enfant qui communique à sa façon et à son niveau de maturité dans un moment qui est difficile pour lui. (fatigue, ennui, moment de vie compliqué, arrivée d'un petit frère ou soeur, divorce, etc...)

Changeons. Les cris et la violence peuvent être remplacés par… de l’amour ! Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est vraiment nécessaire. Il faut également sortir de la théorie et passer réellement à la pratique.

J’aime le titre d’un livre de Léandre Bergeron : « Comme des invitées de marque », qui se rapporte à ses trois filles. Je n’ai pas lu ce livre, mais j’aime cette idée qu’on traiterait nos enfants différemment si on les considérait comme des invités importants. Oserait-on hurler sur l’enfant du roi sous les yeux de celui-ci ? Considérons nos enfants comme ce qu’ils sont : Des créatures qu’Allah nous a confiées. Ils ne sont pas moins importants que l’enfant d’un roi et méritent notre bienveillance.

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Des actions concrètes :

- Prendre soin de soi, et être indulgents envers nous-mêmes. Il y a une nécessité à combler également nos propres besoins. Car il est compliqué de donner  
du carburant affectif si nous en manquons aussi.

- Ne pas attendre une crise pour agir.

Il faut commencer en amont. Donner du temps de qualité, des câlins, des bisous, faire des jeux, des massages, etc. … dans les moments de calmes.

- Remplir les réservoirs affectifs.

Imaginez une voiture sans essence. Remplacez la voiture par un être humain : le réservoir affectif se remplit de tous les moments positifs : affection, proximité, câlins, sourires, douceur, etc.... Il se vide par la frustration et les moments négatifs. Un réservoir vide entraîne… un état irritable pouvant très vite dégénérer en crise. C’est valable chez les enfants comme chez les adultes, toutes proportions gardées.

- Considérer l’enfant comme ce qu’il est : un enfant.

C’est-à-dire un être en devenir, encore inachevé, et donc immature, même s’il a l’air de bien comprendre les choses. Il n’analyse pas les évènements comme un adulte et on ne peut pas attendre de lui qu’il réagisse comme un adulte.

- Considérer les crises comme un orage qui doit passer.

Nous pouvons être le « chêne » solide et bienveillant qui abrite l’enfant le temps que la crise passe.

- Voir son enfant avec tendresse même lorsqu’il a un comportement inadapté.

- Ne pas attendre des résultats de la part des enfants. C’est nous qui devons changer en profondeur, et à long terme.

Pour résumer :

1.) Reprendre confiance : en soi-même et en nos enfants.
2.) Ne pas désespérer ni se dévaloriser en tant que parent.
3.) Remplir les réservoirs affectifs. (Les nôtres et ceux des enfants)
4.) Passer du temps de qualité ensemble.
5.) Considérer les enfants avec tendresse dans tous les cas.
6.) Ne pas crier, ne pas menacer, ne pas se mettre en colère.

Qu’Allah nous aide et nous donne l’harmonie dans nos familles. :)

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Published by unbebebienreel.over-blog.com - dans Vie quotidienne et bien-être
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commentaires

Bob 09/09/2014 23:13

Mon enfant adore les jeux vidéos (pc, tablette, natel, etc), du coup au lieu de crier de dessus, j'ai mis en place un système de note de quotidienne, c'est une moyenne journalière de différents
points (manger correctement, ranger sa chambre, ne pas mentir, écouter son prof en classe, être sage, devoirs). avant les jours de congé je fais la moyenne des jours précédents et en fonction de sa
note il a le droit de jouer X heures. il s'y prend au jeu et fais plus attention. Pensez vous que c'est une bonne méthode ou c'est trop goulag ?

unbebebienreel.over-blog.com 10/09/2014 14:58


Je peux comprendre qu'on emploie ce genre de méthode, mais il faut être conscient de ses limites. En éducation positive, on essaye de limiter l'usage des punitions/récompenses. La carotte et le
bâton sont utilisés pour faire avancer les ânes. (Et encore, je n'aimerais pas faire ça à un âne.. ;)) bref. Est ce que nous souhaitons dresser ou élever nos enfants? Voulons nous qu'ils agissent
par conscience ou pour obtenir un bien matériel? Les jeunes enfants ont encore du mal parfois à être raisonnables au sens dont l'entendent les adultes. Faire la différence entre le bien et le mal
est encore flou, et renoncer à ce qu'ils souhaitent pour ce qui est "bien" est un sacrifice difficile pour eux. Mais on peut leur faire passer le message qu'ils sont des êtres responsables à leur
niveau. Bien-sûr, les résultats ne seront pas immédiats, et cela demande du temps, de la présence, et une énorme remise en question de nos habitudes et façon d'envisager le monde. :)


chiraz 09/09/2014 22:05

Merci Merci pour l'article comme çi vous parlez de mon comportement vis a vis mon fils.

unbebebienreel.over-blog.com 09/09/2014 22:15


Je crois qu'on est nombreuses à être passées par là à un moment où un autre.. :) il ne faut pas désespérer, on peut changer, ça prend un peu de temps et d'exercice, mais avec les bons outils, c'est
vraiment possible. Je recommande la lecture d'Isabelle Filliozat.


Dija 09/09/2014 16:34

Amine. Salam alaykoum
Je n'aurais jamais pensé que devenir mère serait une telle épreuve et l’opportunité de "m’élever", un jihad quotidien.
BarakAllahou fik, merci pour ce rappel.

unbebebienreel.over-blog.com 09/09/2014 22:09


Wa alaykoum salam, Moi non plus je ne m'attendais pas à cette réalité-là avant d'avoir des enfants. Mais alhamdoulillah, c'est une merveilleuse occasion de changer et de s'élever comme tu le dit.
:) Amin wa fiki, et qu'Allah te protège.